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Mercredi 14 octobre 2009

Salut les filles ! J'ai bien remarqué votre mécontentement quant à la suite de WSH et ça m'a fait plaisir parce que c'était l'effet voulu hihi ! Avis à toutes celles qui ne lisent pas encore JUSD si vous voulez des indices sur l'avenir de Link je vous conseil fortement de vous mettre à la lire. Je n'en dirai pas plus =)
BISOUS et bonne lecture à celles qui suivent vous aime <3
Ps: Vous l'aurez maintenant compris, c'est au tour de ZACH maintenant et de la superbe Lilly =)
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Je me tourne et me retourne, tente toutes les positions sans parvenir à dormir. Y a pas moyen, j’ai l’esprit trop encombré même si mes paupières tombent de sommeil. Je capitule, me lève et fais le tour des chambres en vérifiant que chacun dort bien sagement : et là, il fallait s’en douter, Jérémy manquait à l’appel.

 

Je soupirai et me retins de jurer. Ce gamin commençait sérieusement à me taper sur les nerfs à faire des siennes, à jouer les gros durs avec ses camarades et les caïds dehors. Rien ne m’obligeait à aller le chercher, rien sauf ma foutue conscience : j’avais assez de problèmes comme ça pour ne pas m’en créer d’autres et m’en vouloir toute ma vie de l’avoir abandonné. Evidemment, pour ne rien arranger, il pleuvait.

 

Je sortis en tenant en l’air mon parapluie et marchai en frottant des pieds. Je ne cherchais pas spécialement à être discret et je savais où je devais aller. Au bout de dix minutes, je pénétrai dans l’entrepôt abandonné qui servait de « planque » aux dealers. Je fis le tour de droite à gauche pour voir Jérémy, complètement à la ramasse. Ce gosse de huit ans venait de faire son baptême de l’air, il venait de passer la première étape pour devenir membre à part entière des Tigres Noirs : se shooter était indispensable pour permettre au marché de fonctionner. Je le secoue, il grogne, bon, au moins, il est toujours conscient.

 

Personne en vue, hop, je le porte, et je sors de là illico presto, ni vu ni connu. Les gars n’aiment pas trop qu’on foule leur territoire, surtout pour récupérer leur marchandise. J’avisais une masse sombre et fluctuante indistincte et pressai le pas. Je n’avais aucune envie de tomber sur eux avec mon fardeau, déjà qu’à un contre un, c’était limite alors à un contre dix, je n’avais aucune chance.

 

Je fais le tour et finis par gagner une zone plus sure et là, je reconnais le chargé de TD de droit pénal spécial. Trempé. Il est au téléphone, il jure avant de refermer violemment son claper.

-       Tiens, c’est pas le prof de TD ?

Il se retourne.

-       Je peux vous aider ?

-       On se connaît ? Lâche-t-il, froidement.

-       Bah oui, voyons, on est les meilleurs copains au monde, je réplique. Il va me parler autrement celui-là.

-       Ça va...

-       Bon, bah, si ça baigne pour vous, ça baigne pour moi. M’excuserez mais j’ai pas envie de choper une bronchite donc je vous laisse.

Je me retourne et esquisse un sourire victorieux. Un, deux…

-       Attendez ! Vous n’auriez pas du crédit ?

-       Non, dis-je en fronçant les sourcils, j’ai laissé mon portable chez moi. Vous êtes perdu ?

-       Ouais, avoue-t-il à contrecœur.

J’avais froid aux pieds, Jérémy commençait à peser lourd et j’avais peur qu’il ne tombe malade. Je réfléchis.

-       Vous habitez où ?

-       A Paris, répond-il

-       Où exactement ? Parce que c’est grand, Paris !

Je le vois faire la grimace avant de répondre :

-       Je ne connais pas l’adresse, je suis arrivé hier. Et ma sœur ne répond pas.

-       Vous connaissez son nom, au moins, à votre sœur ? Je demande, une pointe d’ironie dans la voix. Et ben, on va regarder sur Internet en espérant qu’elle ne soit pas sur liste rouge, poursuivis-je après son hochement de tête affirmatif. Venez avec moi, j’habite pas loin.

Confiant, il me suit en gardant le silence.

 

Je pousse la porte de la maison, un bloc de béton triste et sale. Christelle et Jean n’avaient pas non plus les moyens d’acheter une villa. Nous avions arrangé l’intérieur pour nous confectionner un véritable chez soi, plus chaleureux. Je continue dans le couloir mais je remarque qu’il ne me suit pas :

-       Vous devriez rentrer, dis-je d’une voix plus aimable, il fait pas chaud dehors.

-       Je vais salir.

-       Oh, vous inquiétez pas pour ça, dis-je au lieu de lui balancer : « vous savez pas essuyer vos pieds ? ». Par contre, vous allez m’attendre là, je m’occupe de Jérémy et j’arrive dans cinq minutes. Vous pouvez vous asseoir dans le salon.

-       D’accord.

Je grimpe les escaliers pour réveiller Christelle. Elle fait office d’infirmière et je préférais qu’elle voie Jérémy avant de le coucher.

 

Le réveil fut difficile, je lui expliquai la situation en deux mots, elle hocha la tête en soufflant avant de me dire qu’elle allait nous convoquer d’ici les prochains jours pour parler de ça. J’approuvais son idée et la prévins que je rejoignis mon invité.

 

Je le trouvais assis à un fauteuil en train de lire l’une des comptines pour enfants que Laetitia avait laissé traîner pour aller coucher les petits.

-       Votre frère va bien ? S’enquit-il, d’une voix inquiète.

-       Christelle va l’examiner mais ça devrait être bon, répondis-je surpris par sa question. Alors, fis-je en attendant que l’ordinateur ne s’allume, la prochaine fois, n’oubliez pas de dérouler votre fil d’Ariane avant de sortir.

-       C’est juste que j’ai pas l’habitude, je sors juste de ma province.

-       Ah, voilà. Allez-y, entrer les coordonnées et il devrait nous trouver ça.

Je détournai le regard pour ne pas violer sa vie privée et ne me retournais que quand je l’entendis pousser un soupir de soulagement. Il y avait même un plan qui indiquait le chemin. Mais c’est pas possible, comment il a fait pour se perdre autant ?! Il est tête en l’air ou quoi ?! Y en avait pour 45 minutes de marche, il aurait pu faire marche arrière plus tôt, surtout à cette heure-ci et à cet endroit, pas comme si c’était un lieu très incontournable à visiter : la tour Eiffel, c’est à l’opposé. Le plan n’était pas très lisible et pour quelqu’un qui ne connaissait pas, ce n’était pas évident. Mais bon, c’était un grand garçon et j’en avais marre de jouer les saintes nitouches, surtout qu’aller-retour, j’en avais pour une heure et demi.

 

Ou sinon, je pouvais lui proposer de dormir ici, vu l’heure, c’était peut-être plus raisonnable. Mais la seule place disponible, c’était le canapé, ce qui signifiait que je devrais dormir sur le canapé. Hors de question de le laisser dormir dans ce canapé miteux et qu’il se fasse réveiller par une trentaine de gamins. Mais demain, y avait le mariage. Je ne savais toujours pas si j’y allais ou pas mais je n’avais pas envie de l’avoir sur le dos donc il allait rentrer chez lui, bien sagement.

 

Christelle descendit, juste au moment où j’allais le mettre à la porte, dans une robe de chambre en soie rose saumon.

-       Zach ? Vous avez un problème ? Demande-t-elle, fatiguée.

-       Excusez-moi madame mais votre fils m’a sorti du pétrin dans lequel je m’étais fourré. Je suis désolé de m’être incrusté chez vous à une heure si tardive. Je vais y aller maintenant.

-       Vous n’allez pas partir à cette heure-ci quand même ! Ce n’est pas sérieux.

-       Christelle ! M’exclamai-je. Où veux-tu qu’il dorme ?

-       Zach !

-       Ne vous inquiétez pas, s’empresse de répondre l’emmerdeur, je vais y aller.

Sauf que le regard de Christelle me fit comprendre que je n’avais pas intérêt à protester ou à remettre son autorité en question. Même si nous nous entendions bien, même si son fils était mon meilleur ami et que nous suivions les études au même endroit, même si j’avais 23 ans, là, je redevenais le gamin de dix ans qu’elle menait à la baguette. Terrifiant. Je crois que même lui n’a pas pu la contredire.

 

J’avais honte de le faire dormir dans un endroit pareil, dans ma petite chambre de dix mètres carrés qui sentait le renfermé parce que je n’ai pas arrêté de gigoter dans mon lit pour essayer de trouver le sommeil.

-       Bon, bah, venez, grommelais-je. Si on m’avait dit qu’un jour, je recevrais un chargé de TD dans ma chambre, je l’aurai pas cru. C’est assez irréaliste comme situation.

Nous descendons l’escalier de la cave (ma chambre était en fait une ancienne cave), et j’ouvre la porte de ma chambre. Je fouille mon armoire pour dégoter un tee-shirt et un jogging pour qu’il puisse se changer.

-       Bah voilà, désolé pour la pénombre, j’espère que vous avez pas peur du noir, ne pus-je m’empêcher d’envoyer. Après tout, s’il ne s’était pas perdu, on n’en serait pas arrivés là.

-       Ça va aller, merci. Juste, demain, il faut que je me lève tôt, donc, je partirai probablement avant de vous avoir vus mais je tenais à vous remercier pour votre hospitalité, dit-il en appuyant sur le dernier mot.

-       Bah, faites comme chez vous.

Je ne pouvais pas lui dire de se servir dans la cuisine, celle-ci ressemblant plus à un réfectoire, il aurait trouvé ça bizarre et se poserait des questions. Non pas que j’avais honte, mais apparemment, il n’avait pas lu ma fiche pédagogique pour qualifier Christelle de mère. Ça m’avait fait bizarre d’ailleurs, même si Christelle est très importante pour moi, en tout cas, plus que mon père et même mon frère.

 

L’avantage de cette soirée peu ordinaire, c’est que l’épuisement eut enfin raison de moi et je m’endormis comme une masse sur le canapé. La nuit fut épouvantable, les ressors du canapé étant tous cassés à force d’avoir sauté dessus le pauvre, et mes pieds grelottant dépassant des bords. Je le maudis de tous les noms !

 

Je me réveillai le lendemain matin vers 9h. Tout le monde dormait encore et je ferai pareil si j’étais dans mon propre lit. D’ailleurs, je me lève avec la ferme intention d’y retourner, Il devrait être parti à cette heure-ci puisqu’il voulait se lever tôt. Sans faire attention, je rentre dans ma chambre, légèrement dans les vap’ pour tomber sur mon charmant TD au téléphone, l’air blasé et furieux à la fois.

-       oh, ça va, hein, j’ai plus dix ans ! Je t’interdis de me parler sur ce ton ! Pis, ça te va bien de dire que j’ai des obligations. Je parie que tu t’es pas trop inquiétée la nuit dernière en me voyant pas arrivé ?! A baiser avec ton Colgate.

La voix du téléphone était tellement outrée que je l’entendais d’ici.

-       Je le mettrais pas, ton putain de costume, si tu le prends comme ça.

 

Costume ! Mariage ! Catastrophe ! Je n’étais absolument pas prêt. Mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas. Arrête, me souffle ma foutue conscience, si t’y penses autant, c’est que quelque part, t’as envie.

 

C’était vrai.

 

Au pire, je pouvais toujours m’enfuir. Et pour le costume ? Je demande à Allan. Okay, action ! Ne serait-ce que pour la bouffe, un mariage, ça pouvait pas se rater ! En fait, je ne supporte pas l’expectative, c’est dans l’action que je suis vraiment moi-même. Tant pis, si je regrette, je suis sûr que j’aurai tout autant regretté de ne pas y être allé.

 

Je vais voir Christelle pour lui demander si je peux m’absenter la journée et, avant même que je n’ouvre la bouche, elle me lance :

-       Vas-y !

-       Merci, je lance, tout sourire avant de manquer percuter un gamin. Je jette un œil en arrière, c’était Ambre, une petite fille de 8 ans, adorable comme tout. Je lui fais un bisou avant de me lancer dans le froid glacial du mois de novembre.

Quelle idée de se marier par un temps pareil ! Tous les couples se marient en printemps-été, quand le soleil est là pour illuminer leur bonheur. Non, mon frère choisit de se marier pendant l’ère de glace, remarque, ça correspondait mieux à son caractère.

 

Je débarque chez Allan à 10h du matin en appuyant comme un dingue sur sa sonnerie, il a tendance à être dur d’oreille le matin, bizarrement. Je sais, il va me tuer mais bon, du moment qu’il me prête un costar, le reste, je m’en fiche.

 

-       Toi !!!! Vocifère-t-il, les yeux fous. Dégages ! Je veux pas te voir ! T’as bousillé ma journée, là ! Qu’est-ce qu’il te prend, bordel ?!

-       Faut que tu me prêtes un costume, dis-je.

-       Hein ? Tu viens, un samedi matin, à l’aube, pour… Oh ! Le mariage…

Il grommelle dans sa barbe (façon de parler bien sûr) avant de me laisser entrer et de disparaître dans la chambre qui régurgite un Renaud complètement à l’ouest, en calbut.

-       Ah, c’est toi, fit-il en se dirigeant vers la cuisine. Tu veux un café ?

-       Ouais, je veux bien.

-       Mmmmmh.

Il prépare les cafés, les yeux fermés en se grattant la nuque et en bâillant tandis qu’Allan réapparaît avec deux costumes dans la main.

 

-       Bon, c’est pas comme si j’en avais des tas, hein ? Y a aussi celui de Renaud et le mien, vu qu’on a tous les trois la même taille, choisis lequel tu veux. 

-       Ok, merci.

En fait, c’est Allan qui a choisi pour moi, m’imposant le costume de Renaud : la discrétion de la couleur bleu pastel contrastait avec la superbe coupe de la veste qui tombait à merveille sur mes épaules et sur mes hanches ; une chemise blanche, qui me donnera l’air décontracté en soirée, complétait l’ensemble. Il siffla, disant que s’il n’avait pas Renaud et que si je n’étais pas hétéro (ça faisait quand même beaucoup), il m’aurait pris sur-le-champ.

-       Et bé, quel homme ! S’exclame-t-il. Alors, t’as pas trop le trac ? Ajoute-t-il alors que nous nous asseyons tous les trois assis sur le canapé en face de la télé gigantesque à écran plasma en train de prendre le petit déjeuner.

-       A ton avis ? Je réponds, un peu trop agressivement. Ça va faire 13 ans que je l’ai pas vu.

-       Mouais, pas tout à fait, objecte-t-il, puisque tu le suivais quand t’étais gosse.

-       Ouais, mais ça compte pas, je lui parlais pas, je l’ai même jamais accosté.

-       J’espère vraiment que ça se passera bien, souffle-t-il. Si… Sinon, bah, tu rappliques ici, okay ?

-       D’accord, merci, je lance avec un grand sourire.

Je sais qu’il s’inquiète pour moi, après tout, il sait ce que j’ai vécu et il a très bien compris que le problème, ce n’était pas mon frère mais mon père ; et que la perspective de le voir me mettait dans un état proche de l’hystérie.

L’heure tourne à déblatérer des conneries et débiter les derniers potins de la fac. Je lui raconte bien sûr ma rencontre de la veille avec le chargé de TD et fronce les sourcils quand il apprend qu’il a dormi dans mon lit.

-       C’est ma mère qui t’as obligé ?

-       Ouais, et tu la connais, quand elle décide quelque chose, pas moyen de résister.

-       Ah, ça, c’est parce que t’es un faiblard, mon frère, rit-il, mais moi, je suis un homme, un vrai, un dur de dur, un…

-       C’est ça, Roméo, calme-toi, tranche Renaud d’un ton sec.

-       Bon, je vais y aller, merci les gars.

-       Pas de souci et tu m’appelles, hein ? Toutes les heures, je veux un compte-rendu détaillé.

Finalement, je me demande qui stresse le plus de nous deux.

 

J’arrive presqu’en retard, y allant à reculons, mais ça tombe bien, comme ça, mon entrée se fera discrète. J’aurai juste à me cacher derrière un pot de fleur au fond de la salle. La mairie est classique, des bancs remplissaient la salle, rien ne dépasse, juste une magnifique fresque murale décore le plafond arrondi. A défaut des plantes vertes, je me planque derrière des colonnes de marbre juste à temps pour voir la mariée arrivée suivie de deux jeunes filles, drapées dans des robes blanches à froufrous avec un nœud derrière, qui tenaient la traîne de la mariée. 

 

Je ne fais pas attention aux autres convives, je ne peux m’empêcher d’être admiratif et jaloux pour mon frère qui connaissait en cet instant le bonheur suprême, la joie de s’unir à la personne qu’il aimait le plus au monde alors que moi, j’étais obligé de me cacher de mon père, que moi, son petit frère, il m’avait ignoré pendant toutes ces années.

 

Pourquoi m’avait-il invité ? Que je voie qu’il était devenu un homme parfait avec une épouse parfaite et une carrière parfaite ? Alors que moi, je passais ma vie le nez dans les bouquins pour sortir du lot, en oubliant de m’amuser et de sortir avec des filles de mon âge, pour oublier le drame que j’avais vécu, que je vivais dans un orphelinat parce que mon père n’avait pas voulu de moi après le drame dont il était responsable mais qu’il rejetait sur mon dos.

 

La détresse me frappa sans prévenir et je retins mes larmes avec difficulté. Ça faisait longtemps et je m’étais habitué mais là, ça faisait trop longtemps que ma mère nous avait quittés, Et là, en cet instant, je n’avais jamais eu aussi besoin d’elle que toutes les années passées. Si elle avait été là, elle aurait passé un bras autour de mes épaules avant de me serrer contre elle pour me réconforter ; mais si elle avait été là, je n’aurai pas été dans un tel état. Et je n’aurai jamais rencontré Allan. Mais, oui, je sais, c’est dégueulasse pour lui, j’aurai quand même préféré qu’elle soit là. Peut-être nous serions-nous rencontrés dans d’autres circonstances plus joyeuses.

 

Mon regard suit l’avancée de la mariée avant de tomber sur mon frère. Oui, il était magnifique, dans toute sa splendeur. Au premier rang, à la première place, je pus reconnaître l’éternelle calvitie de mon père. Mes entrailles se tordirent et les premières larmes cédèrent. Merde ! J’aurai vraiment pas dû venir.

 

Et pourtant, je ne veux pas partir. J’écoute le discours du maire qui rappelle les devoirs des époux avant de conclure en souhaitant leur bonheur. Mon cerveau de juriste se remémorait les articles du Code civil de séparation et de divorce. Ça reflétait un peu mon humeur morose mais je sentis que ma bouche s’étirait en un fin sourire. Les nouveaux mariés signèrent leur contrat de mariage, le sourire aux lèvres puis mon frère souleva sa nouvelle épouse qui l’embrassait déjà avant de se diriger vers la sortie.

 

Débuta une longue séance photos, je m’éclipsai, n’ayant pas ma place, tout en suivant l’évolution de la séance : je ne savais pas où se trouvait l’Eglise et surtout le restaurant, je ne pouvais pas les perdre du vue. Les premières photos concernaient la famille et seule la mariée s’étonna de mon absence : ainsi, mon frère lui avait quand même parlé de moi. Je me demande bien ce qu’il a pu lui dire, il ne devait même pas savoir quel âge j’avais ou la date de mon anniversaire. C’est aussi là que je vis une tête qui devenait un peu trop familière : le chargé de TD, qui n’arrêtait pas de se trémousser dans son costume sous le regard sévère de sa sœur.  Parce que s’il était là pour la photo de famille au sens strict du terme, vu son âge, il ne pouvait être que le frère de la mariée. Manquait plus que ça ! M’enfin, je risquai pas de le voir souvent, déjà une fois par semaine, c’était plus que suffisant. Les photos s’enchaînèrent : que la famille de la mariée puis que la famille du marié, puis les deux réunies, puis les différentes familles seulement, puis les amis, puis… ça n’en finissait pas et ça parlait et ça rigolait.

 

Je me noyais dans mes sentiments tandis que le temps défilait. J’étais heureux et jaloux pour mon frère, j’étais écœuré de voir mon père arborer un sourire étincelant alors que nous n’étions pas là par sa faute, j’étais seul. Le froid qui me fit frissonner en cet instant n’avait rien à voir avec le froid glacial de l’air. D’ailleurs, celui-ci condensa les réjouissances et tous se mirent en route pour l’Eglise, la plupart était à pied. Seule la mariée était en voiture, ce qui était normal avec sa robe.

 

Je fuis l’Eglise pour m’installer à un café au chaud à l’intérieur : je déteste ce Dieu qui m’a tout pris, il n’avait pas le droit de rappeler ma mère si tôt, il n’avait pas le droit de détruire ma vie alors qu’elle avait à peine commencé. Je bip Allan sur son portable, comme promis, puis il me rappelle. La voix quelque peu enrouée par l’émotion, je lui racontais tout. Allan se met à jacasser pire qu’une pie, ce qui me permet de penser à autre chose.

 

Je raccroche au bout de deux heures, le temps qu’il faut pour que tout le monde sorte de cet antre de l’enfer. Les mariés sortent à leur tour sous les grains de riz (jamais compris à quoi servait cette tradition à part gâcher de la nourriture) en riant avant de se réfugier dans la voiture. Je me mêle à la foule discrètement et sens un regard sur moi. Je tourne la tête et vois le chargé de TD qui me reluque sans aucune discrétion. Je n’y fais pas plus attention et suis le cortège.

Enfin, nous arrivons au restaurant, tout le monde s’extasie du luxe du restaurant, du goût et du charme. Ils s’attendaient à du Kyriad ou quoi ? Bon, je me dirige vers le buffet en me frayant un passage dans la foule et me sers un verre de champagne. Ça faisait longtemps que je n’en avais pas bu et ses bulles me firent frissonner.

 

J’observe les gens qui se réunissent en groupe et se mettent à parler. Je vois le chargé de TD avec sa sœur qu’il serre tendrement dans ses bras, je l’envie.

-       Au fait, j’ai pas vu le frère de Tom pour les photos, il était pas censé être là ?

-       Apparemment, il pouvait pas venir, dit sa sœur tristement.

Je lâche mon verre sous le choc et pars sans réfléchir.

 

Je vais aux toilettes en passant devant eux et me force à me calmer : c’est normal après tout, je n’avais jamais appelé pour dire que je venais. Je me forçai à sourire. Bon, bah, je me limiterai au buffet, c’était déjà ça et puis de toute façon, je n’aurai pas supporté un tête-à-tête avec mon père. Je me passe un coup d’eau froide sur le visage pour me requinquer et retourne au buffet. J’avais bien envie de me faire un doggy-bag pour rapporter des petits fours au foyer mais je me doutais que ce serait mal vu. Au moins, les bonbons étaient en libre-service.

 

Mais là, je croise le regard de mon père, un regard de haine, un regard qui me coupe l’appétit. Ouais, c’était une mauvaise idée de venir. Dépité et lâche, je repose les bonbons et je m’enfuis. Mais visiblement, je n’allais pas m’en sortir à si bon compte car un bras se posa soudainement sur mon épaule.

-       Attends !

Cette voix, ce n’était pas celle de mon père mais je n’avais pas envie de parler. Je n’étais pas en état. Et je m’enfuis. Qu’est-ce que je croyais, hein ?!

Par Danouch - Publié dans : Jamais un sans deux - Communauté : Auteurs Sadiques
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Mardi 13 octobre 2009

              

        Les nuages recouvrent petit à petit le ciel, voilà déjà une demi heure qu'il parcourt tout New York, les poumons brûlant, une respiration de plus en plus saccadé, épuisé moralement autant que physiquement mais il ne peut pas s'arrêter maintenant. Il regarde une dernière fois le ciel qui s'assombrit à chaque seconde, il se souvient que Link est parti sans veste, juste un t-shirt trempé de sang. Il regarde tout autour de lui entre les passants qui le regardent intrigués, les terrasses de cafés où les voix s'élèvent, il prend son inspiration. Le fait même de repenser au visage de Link avant de sortir il sent ses forces revenir. Il court à nouveau avec l'espoir de le retrouver. Il prie pour le retrouver sans quoi il serai perdu.
              Ashley s'applique à soigner Adam qui grimace à chaque fois que le coton frotte ses plaies. Sa lèvre a enflée mais elle ne saigne plus, un immense bleu sous l'oeil, d'autres bleus sur le reste du corps, le dos écorché par les chutes sur des meubles. Assit sur la bord de la baignoire, juste habillé d'un boxer noir, Adam sent son corps se frigorifié, tout son corps lui fait mal et ce n'est pas sans effort de délicatesse d'Ash qui à chaque gémissement s'excuse gentillement.

- Je suis désolé pour ce qui est arrivé, murmure Adam
- Il fallait le prévoir, sourit douloureusement Ashley, Link est un homme impulsif et passionné et puis vous vous avez de la répartie et malheureusement vous avez touché là où ça fait mal. Je ne sais pas qui est le père de Sanzo mais pour que Link réagisse comme ça, il devait être la pire des ordures.
- Il l'était..., marmonne Adam

         Ni l'un ni l'autre n'ont reparlé de cette histoire, amicalement Ashley se contente de soigner, Adam se contente de grimacer et tout deux pensent de leur côtés à un être pour qui ils s'inquiètent, un être qu'ils espèrent revoir très bientôt franchir la porte de l'appartement. 
          Le temps passe, toujours pas de Link, les passants deviennent plus sombres, il a dut mal à distinguer leur visage, sa poitrine lui fait horriblement mal et chaque respiration est un supplice. Il a trop couru. Sanzo regarde à nouveau autour de lui totalement désespérer de retrouver Link, où est-il passé ? Il marche, la main sur le coeur qui s'emballe, il sent son sang et chaque pulsation dans tout son corps. Perdu et épuisé il marche à pas lent  avec le peu de force qu'il lui reste. Avait il pensé un jour à voir se battre Link et Adam comme des gladiateurs ? Il n'aurait jamais imaginé vivre un tel massacre, un massacre si sanglant que son être tout entier était paralysé par la terreur. Il n'aurait jamais put se dire dans ses rêves les plus fous que son histoire avec Link prendrait un tel tournant dramatique. Il avait crié, il avait crié sa souffrance à la vue du sang et de l'état de leurs corps. Il avait crié et n'avait pas pensé à le retenir. Ils avaient bien attendu une heure pour se décider, une fois calmer il expliqua à Ashley qu'il allait le retrouver malgré tout ce qui c'est passé car il ne peut pas l'abandonner. Abandonner Link signifierai la fin de leur amour et ça il ne peut pas l'accepter car il l'aime. Il l'aime Link plus que tout, il serait capable de tout lui pardonner, il serait capable de tout lui pardonner à condition qu'il ne le quitte pas, pas pour ça. 
          Sanzo ne s'arrête pas pour autant, il y passera la nuit si il le faut, il le cherchera pendant des jours si il le faut mais il n'abandonnera pas celui qu'il aime ! Parce que Link est le seul qui a sut le soigné de ses plaies, Link a sut l'écouter, le réconforter, l'aimer avec autant de prudence que de tendresse. Parce que Link le comprend mieux que personne, parce qu'il se sent inutile quand il n'est pas avec lui. Il l'aime parce qu'il n'a rien avoir avec son passé et qu'il a fait revivre un nouveau Sanzo plus souriant, plus confiant. Leur rires, leurs étreintes, leurs sanglot partagés, il ne peut pas croire que tous ses moments ne comptent plus. Des moments si particuliers. Leurs moments. Il n'a plus la force de courir chaque pas l'enfonse un peu plus dans le doute, la peur, il se fait à l'idée qu'il ne vivra jamais plus des moments aussi beaux à ses côtés. Une larme, puis deux, puis mille.

- Il pleut, remarque Ashley en regardant par la fenêtre, j'espère que Sanzo a retrouvé Link et qu'ils se sont abrités.
- Je devrais rentrer. Je préfère ne plus être là quand Link rentrera, je ne crois pas que ça soit une bonne idée de rester.
- Vous êtes venus en voiture ? Demande Ash
- Tutoies moi s'il te plaît ! Je suis pas si vieux, rit Adam
- Mes parents m'ont toujours dit que j'étais trop poli, répond Ash.

             Ashley s'avance vers Adam, adosser au mur. Il lui donne une tape amicale sur l'épaule avant de lui affirmer qu'il ne dérange pas. Il regarde autour et se rend compte de l'état pitoyable de son appartement, les meubles retournés, cassés. Il soupire et décide se remonter ses manches pour ranger tout ce bazar, avant l'arrivé de deux autres. Comme si ne rien était. Adam se sent un peu gêné, ce désordre ou plutôt ce massacre il en est l'auteur, ou du moins, en partie. Il suit donc le mouvement de Ash et commence par un cadre brisé. Un tableau magnifique, paysage orageux au milieu d'une forêt. La honte le fait déglutir, plus minable qu'un insect il ne s'est jamais senti aussi immature de toute sa vie. Il avait fait preuve d'un abrutisme exaspérant, le mâle primitif dans toute sa splendeur à croire qu'il était un animal. Un éclair traverse le salon. 

- J'espère qu'ils sont en route, s'inquiète Ash

            Il n'avait trouvé refuge que sous un pont, la rivière tourmenté par l'orage violent qui grondait au dessude lui débordait, le courent était plus fort que d'habitude. En tant que future journaliste il avait des pensées débiles tel que " Si je me fais emporter on me retrouvera sur la rubrique des chiens écrasés " Pensa Sanzo. Même en temps de pluie il pensait comme un journaliste, il espérait seulement que l'orage se calme, il pleuvait des cordes lourdes. Il commence à croire que même mère nature ne veut pas qu'il le retrouve, tout porte à croire qu'il ne devrait pas. Il glisse le long de la pierre froide et humide, trempé de la tête au pied. Il entoure ses jambes de ses bras et pose sa tête sur ses jambes. C'est un vrai cauchemar cette journée pourrit avait déjà mal commencer, elle finira certainement mal. Même si ça ne semble pas logique, oui il avait tous les ingrédients d'un happy end après tout ! Une enfance difficile, un amour parfait qui se transforme en poison, une rencontre, un nouvel amour, une nouvelle vie. C'était ici que tout devait s'arrêter en " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'argent." Certes il ne pouvait pas dire "enfants" puisqu'il était gay ! Logique. Pourtant le malin s'était encore moquer de lui, à croire qu'il n'avait personne d'autre à persecuter tel un enfant capricieux, Dieu jouait avec ses nerfs et sa patience. Sanzo n'était pas être pas destiné à connaître le véritable amour. Comme le disait son père...
            Il tourne sa tête lentement vers la pluie, cette cage d'eau qu'il a connu trop longtemps. Il n'aime pas les temps de pluie, il n'aime pas les soirs de pluie car comme un fantôme son père hante son esprit. Il se pince les lèvres de douleur. Link où es tu ?

- Merde, murmure Link
            
               La pluie essuie ses plaies, son cou reprend peu à peu sa couleur originel mais son t-shirt reste imbibé d'eau et de sang. Sans aucune gêne ni état d'âme il le retire, froid ou pas, et frotte les tâches avec acharnement. Son esprit est totalement perdu, il ne sait pas tellement ce qu'il doit faire, il est partit sur un coup de tête mais il en avait besoin pour respirer pour laisser toute cette tension dans la maison. Dehors il n'est plus en colère, son coeur a reprit une allure normale et ses muscles se détendent. En revanche la honte, la tristesse, la douleur il les ressent  aussi vives qu'après une bonne droite d'Adam. Le visage, les cris de Sanzo lui déchirent encore le coeur rien que de repenser à l'horreur des dernières heures son visage se ferme, tout avait volé en éclat sous les larmes lacérantes de Sanzo. Il n'a pas comprit, comme si tout son être ne lui appartenait plus ce n'était plus lui ! Il n'était que spectateur de sa folie et c'est ce qui l'effraie le plus. Serait il dangeureux pour Sanzo ? Peut il vraiment se permettre de rester au près de lui ? Pourra-t-il se pardonner un jour de l'avoir fait pleurer ?
              Assit sur son bac en pierre, trempé pour trempé autant être assit. Il laisse la pluie tomber sur son torse dénudé comme si elles le lavaient de tous ses péchés, de tous ses défauts, elles soignaient ses plaies physiques et morale. Il ferme les yeux la pluie battante contre lui, il va surement choper une bonne pneumonie. Un éclair déchir le ciel, il ouvre les yeux. La pluie ne tombe plus sur son visage, un parapluie le protège à son extreminité un homme souriant la  pluie tombant sur ses cheveux sombres. Link reste perplexe, l'homme d'une cinquantaine d'année porte un costume gris qui s'imbibe d'eau petit à petit, des cheveux encore plus sombre que ceux de Costia. Un sourire étrange rassurant et à la fois effrayant, une aura étrange l'entoure et refroidit l'air autour de lui. Le corps entier de Link lui somme de s'écarter de lui et de partir sans se retourner malgré ça, il reste là.

- Vous allez tomber malade, dit il dans un accident asiatique

      L'homme lui tend son parapluie et l'incite à le prendre. Link refuse d'un signe de tête. L'homme se couvre à nouveau sans quitter des yeux Link.

 

- Vous allez surtout avoir de vilaines infections si vous ne vous soignez pas, dit il en approchant un doigts froid sur le plaie de Link, vous allez sans doute avoir de vilaines cicatrices...

 

       Les frissons de terreur, Link hurle alors que le doigt de l'homme appuie avec sadisme sur la plaie. La tension morbide, l'odeur du mal et le cri d'un martyre. Link frappe l'homme au visage et s'enfuis le coeur battant, le temps s'était arrêté, cet homme, le Diable ! Le Diable en personne ! Il en est convaincu ! Tout son être tremblait, la peur lui serrait la gorge. La nuit était sombre au milieu des ruelles puantes de New York, une pauvre souris déjà pieger par le serpent et la pluie continuait de s'abattre dans cette atmosphère de crime. 
       Il remet son haut encore tâché et trempé, Link s'arrête derrière une poubelle entre deux immeubles pratiquement collé, les flaques d'eaux s'agrandissaient. Son coeur battait si vite et le regard perçant de cet homme le hantait encore. Totalement paniquer il regardait sans cesse autour de lui par peur qu'il l'est suivit, il a toujours l'impression que son regard le transperce, ce genre de personne ne peut pas exister, ce genre de personne mérite d'être enfermer. Ce que Link ne savait c'est que ce genre de personne réssucite, revient du plus profond des entrailles de l'enfer pour faire revivre des moments de violences à ceux qu'ils haissent le plus. Ce que Link ne savait pas c'est que cet homme était du genre a frappé, violé son propre son fils. Ce qu'il ne savait pas...c'est qu'il est l'ordure qui avait mutilé son amant et qui ne rêvait que de revanche. 

         A l'appartement, le bruit de la pluie contre les vitres donne des frissons à Adam.
- Sanzo ? C'est toi ? Demande Ashley en s'approchant de sa porte
- Oui, dit il d'une voix tremblante
- Oh mon Dieu tu dois être gelé ! Va vite prendre une douche bien brûlante, et habit toi chaudement. Link n'est pas avec toi ?
- La pluie m'a empêché de continuer mes recherches, murmure Sanzo déçu
- Je suis sûre qu'il ne va pas tarder, répond Ash inquiet



 

 





Par Danouch - Publié dans : World so Hard - Communauté : Amours Acidulés
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Jeudi 8 octobre 2009




Salut à tous ! Voilà la suite de notre superbe histoier en colaboration. Cette fois c'est qui écrit ! Donc vous l'aurez enfin compris Lilly écrira le point de vue de Zach et moi celui de...bah vous allez le découvrir ! =)
Mon texte a été ratifié par Lilly, elle m'a tout corrigé ! Mais si ça vous empête pas quand il y a des fautes faites le savoir ! Comme ça elle sera pas obliger de corriger. 
Voilà bonne lecteur je vous adore !! 

Ps : Pour ceux qui on toujours pas commencer je vous conseil de le lire parce que je ferai des MAJ principalement là dessus lol

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           Je cours. Ma petite valise rouge tape dans le pied et manque de me faire tomber devant le contrôleur, agacé. A la limite de l’hystérie, je pousse un soupire expressif.

 

-       C’est bien le train pour Paris ?

-       C’est bien lui.

-       Merci.

 

         Je baisse la poignée noire de la valise et l’attrape avec le peu de force qu’il me reste. Je monte dans le train juste à temps, plus bondé que le périphérique en pleine heure de pointe. Je vous laisse imaginer mon expression. Je ferme les yeux quelques secondes pour me calmer. Cette journée commence décidément vraiment mais alors vraiment bien.

         D’une ! Je me suis réveillé en retard ! Je n’avais plus d’eau chaude pour me doucher, j’ai renversé mon café sur la seule chemise que j’arrivais à supporter, je ne retrouvais plus mes clés et à la moitié du chemin, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon téléphone chez moi. Après l’avoir récupéré, j’ai loupé le premier train pour Paris ! Et j’ai dû attendre une heure pour le prochain !! Si je loupais celui-là je crois que je me serai jeté sous les rails.

            Pas de place. Je vais de wagon en wagon sans trouver une malheureuse petite place. Finalement, je fais comme tous les cons qui prennent toujours le train à la dernière minute : je m’assois vers les toilettes à même le sol. Je ne prendrai plus jamais le train. J’ouvre ma sacoche et sors mon PC portable, tout moment est bon à prendre pour écrire encore un peu des éléments de ma thèse le risque d’un magistrat : est il préférable d’enfermer un innocent ou libérer un coupable ?

            Vous l’aurez compris je suis en doctorat de droit pénal, plus précisément en criminologie. J’ai toujours rêvé faire du droit jusqu’à ce que je me rende compte qu’il ne servait qu’à acquitter ceux qui ne le méritent pas. Si vous voulez, le droit n’est plus fait pour défendre l’innocent mais le présumé innocent par conséquent un présumé coupable également enfin je m’entends, je n’ai pas de jugement objectif à ce propos et c’est sans doute pour ça que j’ai toujours du mal à me faire à l’idée que la justice de nos jours rime plus avec un système de proportionnalité qu’avec un système moral. Grand partisan du droit idéologique.

            Je suis secoué dans le train, un vent froid me gèle les fesses parce que je suis assis à côtés de la porte, finalement je laisse tomber. J’éteins le portable. Plus que trois heures avant mon entrée dans la capitale. Et j’y vais à reculons car j’ai des obligations, je suis le nouveau chargé de TD d’une fac de droit pour des étudiants en master. C’est pas plus mal, j’aurais pas à désigner les gamins pour qu’ils participent. Inconsciemment, je me mets à sourire, quand je repense à mes années fac, je me dis que j’ai bien raté des choses. J’étais un garçon totalement refermé sur ses études, je passais toutes mes heures de libre dans les bibliothèques universitaires, plongé dans des bouquins pendant que les autres allaient se bourrer la gueule et venaient en cours presque dans le coma.

            J’étais le genre d’élève qui était devant et qui ne parlait jamais trop occupé à écrire le moindre mot du prof. Parfois je regrette, je n’ai pas tellement connu d’enfance, je n’en ai presque aucun souvenir, je n’ai pas profité de mon adolescence, c’était un véritable désastre et c’était aussi et surtout les années de la découverte de mon homosexualité. Une révélation douloureuse, personne n’était là pour me dire si c’était bien ou mal, personne n’était là pour m’orienter, pour m’engueuler quand je dépassais les limites. Je dus apprendre la valeur des choses par moi-même, j’ai forgé mes principes par l’expérience. J’ai construit petit à petit l’homme que j’allais devenir sur la crainte et la fierté, les seules protections qui me permettaient d’affronter les autres. Le monde.

            Je suis mort, je regarde les paysages défilés, je quitte ma campagne pour la ville. Je quitte ma solitude – qui commençait à me plaire – pour vivre avec ma sœur qui pour la première fois depuis vingt six ans ressent mon manque, elle avait un argument de taille de toute façon je ne pouvais pas refuser.

            Le train arrive à destination, la gare est immense, ça change des deux petites voies de ma petite gare en province, je regarde ma montre, cinq heure huit. Je cherche des yeux Ely jusqu’à que je sente quelqu’un qui me saute sur le dos.

 

-       Nolan !!

-       Ely…

-       Je suis tellement contente de te voir !!

-       Moi de même…, dis je avec beaucoup moins d’enthousiasme.

 

Ma sœur me ressemble énormément, elle a simplement les cheveux beaucoup plus longs. De longs cheveux noirs ondulés, un regard azur pénétrant et un sourire d’enfant. Elle a tellement changé, la dernière fois que je l’avais vue, j’avais dix huit ans, la fameuse année de mes dix huit ans. Les dernières images que j’ai d’elle ne sont pas très joyeuses, à cette époque elle souriait beaucoup moins. Aujourd’hui elle a trouvé l’amour, sa voie, le bonheur.

 

-       Dépêches-toi, je dois te présenter « Tom » !

-       Quelle chance, dis je faussement joyeux.

 

Je déteste son petit ami, monsieur je sais tout, monsieur parfait ! Un sourire Colgate et avec un brillant avenir devant lui. Pas une tâche, pas un pet de travers et dés que je n’aime pas quelqu’un, je le fais assez bien ressentir. Je suis pas du genre à faire des courbettes et à sourire pour qu’on m’apprécie, malheureusement, on dit que je suis trop franc. Un ex petit ami me disait souvent «  Tu es froid Nolan, encore plus froid que tes yeux ». Bizarrement cette phrase me revenait souvent à l’esprit.

            Après avoir adressé un bref «  salut » à Colgate, nous sommes allés chez ma sœur, un petit appartement tout ce qu’il y a de plus charmant, éloigné du centre de Paris. Tranquille pas vraiment d’histoire dans le quartier, des voisins charmants. La petite maison dans la prairie quoi.

 

-       Bon je vais me coucher, je suis mort, dis-je en déposant un baiser sur le front de ma sœur

 

Je m’enferme dans la chambre qui me sera destinée pour un moment, un petit six mètres carré, un lit, un bureau, une commode. Basic. Classique. Je pose la pile de feuilles sur ledit bureau et mon PC, je m’effondre dans mon lit.

            La nuit. Etrange que ce moment de la journée. Etrange car tout nous revient la nuit, tout ce qu’on oublie, des choses auxquelles on ne pense plus nous écrasent. Les souvenirs, les inquiétudes, les angoisses. Les espoirs. Si vous étiez encore de ce monde, seriez-vous fier de l’enfant que vous avez laissé derrière vous ? 

            Je me réveille à six heures, essoufflé, le front humide, les yeux écarquillés de terreur. Je me redresse lentement, mon corps entier transpire. Je prends bien conscience de la réalité et allume la lumière au dessus de la tête de lit. Je ne suis plus dans ma campagne. Je respire profondément, si je n’avais pas déménagé, je n’aurai sans doute jamais fait se rêve. Je me lève. Je cours presque pour prendre ma douche même si je suis le seul debout. J’ouvre le jet d’eau froide et, comme avant de plonger, je prend une grande inspiration et laisse l’eau glacé détendre tous mes muscles. J’en sors au bout de cinq minutes, une serviette autour de la taille, des gouttes froides tombent de mes cheveux et s’écrasent dans mon dos pour mourir sur mes reins. J’ai un début de barbe, je devrais raser tout ça. J’ouvre ma trousse.

 

-       Putain…J’ai oublié mon rasoir.

 

            Je referme la sacoche, je soupire et frotte mes cheveux avec une autre petite serviette. Je ne prends pas de petit déjeuner, je retourne dans ma chambre.

            Je réfléchis à ce que je vais faire pendant la journée : soit je reste ici pour stresser comme un malade pour mon premier TD à 17h soit je sors au risque de me paumer et d’arriver en retard. Je choisis la deuxième option. Sans hésiter, je décide d’aller sur les Champs-Elysées. Tant qu’à faire, foutu pour foutu, autant en profiter et si je ne vais pas sur les Champs-Elysées à Paris, c’est comme si j’étais pas sorti de ma cambrousse.

            Ely habitant sur la ligne 1, je mets moins de vingt minutes pour arriver sur place et je me sens tout chose de fouler cette avenue si célèbre. Le temps passe vite à flâner dans les boutiques, tirer des yeux exorbitants à la vue du prix et manger au Mcdo. Tellement vite qu’il est plus que l’heure de partir.

 

            Je ne peux pas me permettre d’être en retard, surtout pas pour la rentrée. Je me dépêche pour réussir à trouver le bon métro, miraculeusement j’arrive à l’avoir. Une fois devant l’université, je la détaille du regard. Je me dirige vers l’administration, fais mes photocopies, adresse un bonjour cordial à Mme. Verchex, mes cartons en mains, je cours presque jusqu’à la salle. J’entends les voix s’élever, la porte est ouverte, je rentre et la ferme assez fortement pour me faire manifester. Ils me regardent tous intrigués, attentifs. Bien. Je sors mes petites fiches de présentation. Je les donne à l’élève le plus proche du moi. J’observe chaque étudiant. Une petite vingtaine. Plus de garçons que de filles.

            Autant annoncer la couleur directement, je leur explique ce que j’attends d’eux et ce que tout le monde est censé attendre de moi. Un petit tour d’horizon pour voir si tout le monde a comprit, je ne préfère même pas décrire leurs visages dépressifs à l’idée de reprendre le boulot. Je continue mon petit discours de rentrée pour enfin passer au moment que je hais le plus. L’appel. J’écorche quinze noms au passage, je me fais même reprendre par un étudiant presque étalé sur sa table, serait-il en train de se demander ce qu’il fout là ? Encore un déprimé, qui se dit surement qu’il a une vie misérable, le genre de mec qui se plaint tout le temps. Le genre de mec que je peux pas comprendre. Pourtant, ce garçon ne paraît pas si égoïste, je me sens tombé dans ses yeux profondément vides de toute motivation. Delavert …Ca me dit quelque chose. Mon petit silence devenait trop long, pour ne pas avoir à subir les regards interrogatifs des autres étudiants et surtout de celui-ci, je me secoue un peu. Je passe outre et continue l’appel. J’ai vraiment hâte de finir cette journée qui commence aussi bien que les précédentes. On me rend les fiches que je range dans mon sac, je commence le cours de TD. Les étudiants sont attentifs, réceptifs, le cour est interactif mais je ne suis pas ici pour faire ami-ami avec, je fais mon boulot tout simplement. Ils me trouveront sans doute distant, froid presque insensible mais leur vie m’importait peu.

            Le TD terminé, les élèves sortent un à un bruyamment, je range mes fiches dans mon sac et me prépare à suivre le même chemin alors que j’allais rentrer chez moi pour reprendre ma thèse un garçon du TD m’interpelle.

 

-       Excusez-moi !

-       Oui ?

-       Vous êtes nouveau ici, n’est-ce pas ? Me demande le garçon

 

Les cheveux couleur de miel, les yeux verts, les joues légèrement rougies il se frotte l’arrière de la tête nerveusement.

 

-       Et alors ? Je réponds ne voyant pas où il veut en venir

-       Je peux vous faire visiter la fac si vous voulez ! Vous conseiller les bons endroits, il répond en marchant avec moi

-       J’ai pas le temps, je réponds en marchant plus vite.

 

Collant. Je sens son regard dans mon dos, je marche un peu plus vite. Je monte dans le métro les portes se referment presque sur moi, je reprends mon souffle.

 

Le trajet est calme, j’arrive enfin devant l’immeuble de ma sœur, je me dépêche de poser mes affaires dans ma chambre. J’en sors tranquillement, je me dirige en direction du salon très chaleureux, gros tapis à poil de je ne sais quel bestiole morte, les poils blanc bien sûr ! Un canapé en cuir rouge, un écran plasma et bien d’autre meubles modernes. Une petite étagère de verre avec une plante verte en bout et quelques photos au cadre métallique. Une photos de couple, une photos de chacun et au centre une photo de mes parents.

J’observe plus attentivement cette photos, ma mère avait un sourire si tendre, j’avais presque oublié à quel point elle était belle. Les même cheveux qu’Ely mais des yeux plus sombres que la nuit, mon père en revanche était robuste, une carrure d’athlète ! Il adorait le sport en général, j’ai quelques fragments de la période des J.O, on y avait le droit à chaque fois. J’eus un petit rire amusé, nous avions les mêmes yeux presque trop bleus, un peu trop clair. Ses cheveux étaient châtain, un français de souche, ma mère avait, quant à elle, des origines asiatiques. Je me perds dans mes souvenirs lorsque je sens une main se poser sur mon épaule, puis une tête y prendre appui.

 

-       Tu te souviens de cette journée ? Cette journée qu’on avait passée au lac. Papa et maman étaient tous les deux tombés amoureux du grand saule derrière eux, me dit ma sœur nostalgique.

-       J’ai du mal à retrouver le peu de souvenir que j’ai d’eux, je murmure

-       Tu n’avais que cinq ans à cette époque…

-       Hum… 

 

Le silence s’installe entre nous, nous fixons la photo essayant de restituer cette journée, mes souvenirs de la chaleur de mes parents, le plus désolant c’est que je ne me souviens presque plus. Je sens Ely se retenir de pleurer, elle cache son visage dans mon cou et me serre un peu plus contre elle.

 

-       Salut !  

Colgate gâche tout. Thomas vient de rentrer avec les bras chargés de courses, ma sœur se précipite sur lui pour l’aider, je vois ses yeux brillants de larmes mais elle ne cède pas, elle embrasse amoureusement son petit ami avant de poser les sacs sur le comptoir de la cuisine qui donne sur le salon et la salle à manger. Je me secoue un peu et m’approche à pas lent. Tom se retourne vers moi un grand sourire et me jette quelque chose. Je le rattrape au vol. 

-       Je suis allé faire des clés. Ca te donne plus d’indépendance dans cette maison, dit-il fier de lui

-       Oh Tom ! Tu es trop bon, dis je ironiquement

-       Nolan ! S’offusque ma sœur

-       Laisses Ely, sourit Colgate

 Il m’agace avec ces airs de maître zen. Malgré tout, sous le regard oppressant de ma sœur, je remercie Tom pour son geste généreux, je range les clés dans ma poche et m’en vais allumer la télévision en attendant que le dîner soit prêt.

 

Tom vient s’asseoir à mes côtés. 

-       Alors qu’est-ce que tu as prévu comme costume pour ce week-end ? Il me demande

-       Aucun, dis-je en zappant

-       On ne vient pas à un mariage sans costume !

-       Je supporte pas les chemises, les pantalons à pince, tout ce qui s’apparente à un quelconque vêtement de bourgeois coincé du cul.

-       C’est une énorme faute de goût ! Comment est-ce que tu vas venir alors ? En costume d’indien ?

-       Qu’est-ce que t’insinue ? Que parce que je suis gay, je vais forcément venir en indien ? Pourquoi pas en flic et en marin aussi ! 

Voyant ma réaction assez expressive, Tom se rend compte de son sous entendus, il se pince les lèvres.  

-       Désolé je ne voulais pas. Dit-il assez faiblement

-       Non, je ne viendrai pas en costume.

-       Oh que si ! Intervient ma sœur les bras sur la taille se voulant autoritaire, on ira demain matin te trouver un costard classe ! Et bien sûr, Tom se fera une joie de t’accompagner, précise-t-elle sous nos regards ahuris. Elle va pas me faire ça ? !

-       C’est ça ! Je préfère encore y aller en bunny, je murmure agacé

-       Crois-le ou non mais tu iras à ce mariage en costume ! Tu n’as pas le droit de me le refuser…

 C’est vrai je n’avais pas le droit. C’est son mariage après tout, je peux bien supporter une cravate toute une journée de toute manière, on est entre famille, personne du boulot ne me verra alors tout va bien.

 

-       Au fait combien serons-nous à cette sauterie ? Je me dirige vers ma sœur.

-       Je ne sais pas. Papi et Mami seront là, Tata se déplace spécialement avec ton cher cousin, se moque Ely, quelques amis et bien sûre la famille de Tom. Ton père et ton frère, c’est ça chéri ?

-       On verra, répond simplement Tom. 

Je l’ai connu plus bavard Colgate, il ne nous regarde même plus.  

-       Tu verras son père est un petit plaisantin, il est très charmant, j’aurai aimé rencontrer sa maman mais elle est décédée depuis longtemps, son père à le moral miné à cause de ça, me dit Ely.

-       Et son frère ?

-       Je ne le connais pas, dit-elle en haussant les épaules.

-       Bah tu le rencontreras ce week-end ! Répond agressivement Tom.

-       Je ne savais même pas qu’il avait un frère jusqu’au mariage, rit Ely, Tom est timide.

-       J’appelle pas ça de la timidité mais de l’intention. Tu ne t’entends pas avec ton frère, Tomi ? Je demande espièglement 

Il me regarde attentivement. 

-       Mais non ! On se voyait plus trop c’est tout ! Quand est-ce qu’on mange ? fit-il innocemment même si j’avais bien compris que c’était pour changer de sujet.

-       C’est prêt !  

 

Le dîner se fait dans le silence, je finis mon plat, le mets dans le lave vaisselle, je me dirige vers ma chambre pour récupérer une petite veste. Je compte pas rester ici ce soir, Paris est encore plus belle dans la nuit. Je lance un petit bonne nuit au couple, je cours dans les escaliers. Je regarde la rue qui s’offre à moi. Prendre l’air pour s’évacuer l’esprit. Une autre journée qui s’achève les nuits sont fraîches ici, nous sommes déjà en septembre et on sent l’hiver s’approcher. Mes pas décident tout seuls de la direction à prendre, je me prends pas la tête. Ce n’est que bien trop tard que je me rends compte que je me suis perdu comme un idiot ! Et évidemment, Ely ne répond pas. Comment ça, elle a mieux à faire la veille de son mariage que de s’occuper de son frère ?! Tu parles, elle doit bien prendre son pied avec Colgate en ce moment…

 

-       Tiens, c’est pas le prof de TD ?

Par Danouch - Publié dans : Jamais un sans deux - Communauté : Auteurs Sadiques
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Lundi 5 octobre 2009
Voilà le premier chapitre d'une longue lignée ! Je l'espère en tout cas, c'est la superbe Lylli qui orchestre ça. Donc comme je vous l'avais expliquer avant, un chapitre = un auteur = un personnage = un point de vue. Je vous laisse déguster et me dire ce que vous en penser. BISOUS
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Je soupirai, posai ma tête contre la table, fermai les yeux avant de reporter mon attention sur le prof qui débitait son cours d’une voix monologue et ennuyeuse. Les cours avaient repris depuis trois semaines et je n’arrivais toujours pas à me remettre dans le bain. En plus, ces abrutis avaient brouillé le réseau du wifi, ce qui me condamnait à écouter le prof même quand ce n’était pas intéressant.

 

Enfin, je me forçais à suivre le cours, si j’étais venu, ce n’était pas pour rien foutre et galérer après pour récupérer les cours. Heureusement, certains passages rendaient le cours intéressant et faisaient passer le temps plus vite. Mais cela ne suffisait pas à faire passer ma frustration et mon envie de m’évader.

L’utilitariste ou le devoir moral ? L’Homme était-il une machine programmée en fonction de ses plaisirs ou de ses souffrances ou un être doté de raison qui lui interdit de blesser son prochain ? En soi, le débat était passionnant mais je n’arrivais pas à accrocher.

 

En fait, j’étais comme ça depuis le début de la reprise des TD, qui annonçaient le retour du boulot et des fiches de TD à bosser jusqu’à 4h du matin. Et ça me démoralisait. Le rythme que je m’imposai, avec mon boulot, m’épuisait mais ce n’était pas comme si j’avais le choix : la bourse m’aidait agréablement dans mes dépenses financières mais ce n’était pas assez pour payer mon loyer, les frais de scolarité, les livres scolaires et la bouffe. Et je ne pouvais pas me permettre un relâchement si je voulais décrocher une mention Bien et espérer poursuivre en master 2. Je n’avais pas suivi trois  ans d’études pour en baver et finalement atterrir dans un minable secrétariat juridique payé au SMIC toute ma vie. Je sais, ça choque de dire ça mais faut être réaliste un peu.

 

J’avais pour ambition de devenir avocat pénaliste même si pour l’heure, les rayons de soleil qui filtraient à travers les grandes baies vitrées m’incitaient à sortir.

 

Enfin, la troisième heure s’acheva. Allan m’avait lancé des éclairs tout au long du cours si je m’avisais de le lâcher mais là, il n’arrivera pas à me trainer en cours d’informatique. Je n’étais pas en état et je devais récupérer un peu avant mon premier TD de droit pénal spécial. J’espérais que le chargé de TD serait au moins sympa et cool, pas comme celle de droit bancaire et financier qui interrogera chacun de nous pendant trente minutes sur le devoir de la semaine. Ça imposait de bosser à fond, parce que je ne rendais jamais un devoir bâclé, et ce qui m’empêcherait de travailler sur les autres matières.

 

Je n’étais pas particulièrement féru de la bibliothèque, mais j’habitais trop loin pour avoir le temps de rentrer en une heure. L’heure se déroula vite : c’était toujours le cas quand on s’amusait. J’ai surfé sur le net à regarder mes e-mails et les dernières nouveautés sur Facebook. Evidemment, avec tout ça, je n’ai pas eu le temps de ficher mes arrêts ; enfin, pour être honnête, je m’accordais encore quelques jours de vacances, en général, je devenais sérieux à la deuxième séance de TD, quand une certaine lourdeur imprégnait l’atmosphère.

 

Je rangeais mon pc dans sa sacoche et récupérais mon sac. Je sortis du bâtiment B, traverse la cour pour gagner le bâtiment A : accueil, scolarité, salles de TD et deux amphis. Je pousse, la porte refuse de s’ouvrir : ah oui, j’étais là depuis quatre ans mais j’oubliais tout le temps qu’il fallait la tirer. Je me dirigeais ensuite vers le tableau d’information du Master pour décortiquer la dizaine d’affichettes : trois précisaient que certaines matières, contrairement à ce qui était annoncé dans l’emploi du temps s’étudiaient au deuxième semestre, ce qui impliquait de choisir d’autres TD, et sept autres annonçaient divers rattrapages et absences de profs sauf du mien.

 

Trainant les pattes, je grimpais les escaliers et une fois, dans la salle, m’installai au milieu des rangs et réservais trois places pour Allan et Renaud et Léa. Ces derniers commencèrent à me charrier, disant que je n’étais pas sérieux de sécher le cours d’informations ; en réalité, c’était leur manière de se venger puisque j’étais le meilleur de la bande.

Allan, mon meilleur ami, était gay, un gay super bien foutu, d’ailleurs : musclé, des yeux marrons et des cheveux courts blonds foncés. Il était en couple avec Renaud depuis quatre ans déjà : ils s’étaient rencontrés en première année pour -oui, je sais, ça fait niais- ne plus jamais se quitter. Renaud était un type sympa, plus réservé qu’Allan qui partageait souvent mes délires imprévisibles, mais quelqu’un sur qui on pouvait compter. Léa était une jeune fille aux cheveux marrons, couleur qui se reflétait sur ses yeux, avec quelques parties du corps bien garnies. Elle pétillait toujours d’énergie et à nous quatre, nous passions de bons moments.

 

Mon arrivée ici n’avait pourtant pas été des plus simples et j’avais eu du mal à m’adapter la première année, Allan ayant rapidement rencontré Renaud pour ne plus le quitter, me délaissant bien trop à mon goût. Nous nous étions disputés, bruyamment, et Allan était quelqu’un d’impulsif, m’avait frappé : je ne comprenais pas comment il avait pu ne pas me parler de son homosexualité et je ne comprenais pas non plus pourquoi il me délaissait pour un type qu’il ne connaissait pas du tout, à part peut-être son trou. Sur ce, il m’a dit que si j’étais jaloux, il pouvait y remédier et je l’ai à mon tour frappé. Voilà pourquoi il m’a qualifié d’homophobe et qu’il ne voulait plus entendre parler de moi. D’accord, je n’y avais pas été de main morte mais il y a des sujets sensibles dont je n’acceptais aucune plaisanterie et, au final, si Renaud n’avait pas cherché à nous réconcilier, je crois que nous ne nous serions plus jamais reparlés.

 

Le chargé de TD arriva les bras chargés de carton. Je fis la grimace, sachant très bien ce qu’ils contenaient. Il régla paperasserie rapidement en distribuant les fiches de TD et les fiches administratives. Le fascicule était énorme et ne concernait que le tiers du semestre. Ma déprime s’aggrava.

-       Bien foutu, murmura Allan avant de se faire rappeler à l’ordre par un coup de coude bien placé dans les côtes de Renaud.

Ce qui attira mon regard, c’étaient ses yeux bleus très clairs en contraste avec ses cheveux bien plus foncés. Je reportais mon attention sur ma copie quand je vis qu’il avait capté mon regard un peu trop insistant et remplis ma fiche pédagogie. C’était d’ailleurs un moment difficile : j’avais l’habitude mais chaque année, je devais écrire orphelin dans la case situation familiale et chaque année, ça remuait un peu le couteau dans la plaie. En général, je récoltais un regard de pitié et une voix doucereuse : réflexe humain mais je n’en avais pas vraiment besoin. Pour moi, l’important, c’était qu’il soit intéressant.

 

-       Alors, concernant le déroulement de ce TD, commença-t-il d’une voix sèche, dans l’intérêt de tout le monde, j’attends de vous que vous participiez, n’étant pas ici pour faire un monologue qui passera par une oreille et sortira par une autre : au final, vous sortirez d’ici aussi bêtes qu’avant. Vous êtes en master, je ne vais pas vous fliquer mais pour que vous puissiez participer en cours, il faudra que vous sachiez de quoi on va parler, ce qui implique de faire votre travail. Des mini-fiches d’arrêt suffiront mais à chaque arrêt, je vous demanderai si vous êtes d’accord avec la solution donnée par la Cour de Cassation, l’intérêt est de débattre. Pour ça, il faut maîtriser sur le bout des doigts le cours de droit pénal général de deuxième année. Mais il ne devrait pas y avoir de problèmes, n’est-ce pas ? Fit-il en promenant son regard sur chacun d’entre nous avant de reprendre :

« La note finale se divise en trois notes : participation conjuguée au devoir maison, galop d’essai et interro : en général, j’organise l’interro avant le galop, ce qui vous donne une bonne excuse pour réviser. Je ne ramasse que cinq copies par séance.

«  Pour commencer, je vais récupérer les fiches pédagogiques et me familiariser un peu avec vos noms.

Les fiches circulèrent pour arriver jusqu’à lui. Il se mit à nous appeler un par un en levant la tête à chaque fois pour nous identifier, ce que mon autre chargée de TD ne s’était pas donné la peine de faire, sous prétexte qu’elle était pressée avec un nombre de séances limitées et qu’il ne fallait pas perdre de temps. Oui, charmant.

 

Les noms de Léa, Renaud et Allan précédèrent les miens sauf qu’il se mit à buter sur mon nom. Je pensais pourtant que ça savait lire un chargé de TD.

-       Monsieur…

-       Delavert, monsieur, intervins-je tandis qu’Allan pouffait comme un gamin, soufflant que je ne savais pas écrire.

-       Très bien, veuillez me pardonnez d’avance si j’écorche vos noms, conclut-il, l’air perplexe. Il devait avoir remarqué mon orphelinat, je haussai les épaules.

Mon honneur fut sauf lorsqu’il rencontra d’autres noms sur lesquels il buta : ce n’était pas mon écriture qui était en tord.

 

Il passa ensuite aux choses sérieuses notamment sur la distinction intention et volonté. Pas évident à saisir : des notions qu’on nous rabâche pendant des années à la télévision comme l’homicide volontaire et involontaire étaient incorrectes puisqu’il y a toujours volonté de la part de la personne qui commet l’acte générateur ayant entraîné la mort même s’il ne l’a pas souhaité. Oui, j’ai eu du mal à comprendre la subtilité, surtout après six heures consécutives de droit pénal.

Prenez un exemple : je sors un plateau du four, il est chaud, je le lâche, il tombe par terre. J’ai voulu le laisser tomber par terre ; imaginez qu’il tombe en fait sur les pieds de quelqu’un qui est alors blessé : ça a été volontaire mais pas intentionnel parce que je n’ai pas souhaité le blesser mais j’ai voulu lâcher le plateau.

 

Le TD me réconcilia avec les études, mais bon, venant du droit pénal, c’était tout à fait naturel.  Nous abordâmes des thèmes passionnants tout en reprenant des notions de deuxième année indispensables pour pouvoir aborder le droit pénal spécial. A la fin du TD, Allan, Renaud, Léa et moi nous regroupâmes rapidement dans la salle d’à côté libre pour nous répartir le travail : il y avait une dizaine d’arrêts à ficher accompagnés chacun de notes. A quatre, ce sera vite fait et c’était Léa qui avait gagné le gros lot en se gagnant la doctrine à résumer la plus longue.

 

Cette dernière nous quitta à l’arrêt de bus en face de la fac tandis que nous autres tracions la route jusqu’au métro. Je n’habitais pas très loin de la fac puisque je mettais à peine une heure et demie aller-retour en comptant les temps d’attente du métro. Allan et Renaud descendirent avant moi pour poursuivre en couple, Allan ayant déménagé chez lui depuis un an.

 

Moi, je n’avais pas quitté l’orphelinat dans lequel j’avais grandi mais j’étais passé de gamin turbulent à éducateur spécialisé. Je n’avais pas de diplôme mais pour y avoir grandi, je connaissais tout le monde et je savais me faire respecter et maintenir l’ordre. L’avantage de mon changement de statut, c’est que j’avais désormais une chambre individuelle que je pouvais fermer à clef. C’était le grand luxe. Certes, elle mesurait dix mètres carrés et ne contenait que le stricte nécessaire, un lit, une table de nuit et une lampe, une armoire, mais j’étais nourri, logé en échange de mon soutien. Que demander de plus ?!

 

Enfin, pour être honnête avec moi-même, ma vie était minable mais je n’avais pas envie de déménager pour deux raisons : la poursuite de mes études or, avec mon dossier, ce n’était pas évident d’être accepté par une autre fac et mon frère qui habitait Paris or, c’était seulement en habitant près de chez lui que je pourrais le voir. Ma démarche était complètement clandestine, puisque je n’avais pas le droit de le voir mais de toute façon, ça faisait tellement longtemps que nous ne nous étions pas vus qu’il ne me reconnaitrait pas donc je ne courais aucun risque.

 

Cela dit, je croyais qu’il m’avait complètement oublié et pourtant, j’avais reçu son faire-part de mariage. Mon frère qui allait se marier, je n’en croyais pas mes yeux, d’autant que je ne connaissais même pas son épouse. Elle devait être ravissante et gentille, j’avais envie de la connaître et de revoir mon frère mais cela fera plus de dix ans que je ne l’avais pas vu et qui dit mariage dit famille et amis de la famille. Et donc, je verrai mon père. Mon corps fur parcouru de frissons à cette pensée mais j’avais quand même reçu l’invitation donc j’étais invité au même titre que mon père, non ?

 

C’était ce week-end et je n’avais toujours pas répondu. Je n’osai pas les appeler, ça me ferait trop bizarre de parler à mon frère en me présentant comme si j’étais un étranger. Je pouvais leur envoyer un mail mais pour le coup, je trouvais que ça faisait trop impersonnel.

Tant pis si je n’étais pas compté dans le dîner, même si un festin pareil ne se représenterait plus avant longtemps. Je n’avais même pas de quoi m’habiller et ce week-end, j’avais des devoirs à faire et des gamins à m’occuper.

 

Je repoussai le faire-part dans mon fatras et m’allongeai en soupirant bruyamment. Je m’accordai dix minutes de sieste avant d’aller prendre une douche et de rejoindre les autres dans le « salon ». Situé dans le quartier le plus pourri de Montreuil, l’établissement comptait une trentaine d’orphelins regroupés dans plusieurs chambres, certaines contenant jusqu’à cinq d’entre eux. Moi, j’avais partagé ma chambre avec trois gars qui étaient partis dès leur majorité. Pour faire quoi ? Aucune idée. Aucun de nous n’avait d’avenir ici, les cours étaient de bonne facture mais ça ne suffisait pas pour rendre nos dossiers scolaires très attirants. En général, les orphelins d’ici retournaient à la rue. Mes compagnons de chambre, Manu, Laurent et Fabien, avaient débarqué plus tôt que moi mais ils étaient déjà en train de sillonner les rues et de se faire des noms. Quand j’ai menacé d’aller les dénoncer, j’ai passé un sale quart d’heure et je n’ai rien dit. Je sais, c’est lâche, mais ici, ça ne sert à rien de jouer les héros et retenir quelqu’un contre son gré ne servait à rien.

 

Aujourd’hui, j’essayais de choper les gamins qui faisaient le mur et ça m’arrivait de temps en temps de faire de nuits blanches pour les récupérer. Ça marchait parce que j’étais un peu leur modèle : orphelin comme eux mais qui avait été accepté dans une fac de droit et qui plus est, dans un master. En outre, ils savaient que j’en avais bavé, tout le monde ici connaissait le passé des autres, ce qui solidifiait nos liens.

 

-       Zach ! Hurla une dizaine de gamines à ma vue.

Je préparai mon corps à faire office de bouclier face à leurs assauts, ce qui me permit de rester stoïque à l’ampleur du choc.

 

C’était un concept qui faisait partie de la maison : les filles –intellos- contre les mecs –cools- mais toujours en luttant contre un adulte. Ça les faisait réfléchir sur la manière de marquer des points, donc de se réunir et de fournir un travail d’équipe, de rendre moins monotone leur vie ici et de ne pas courir le risque qu’il y en ait qui devienne le souffre-douleur des autres, puisque c’était le rôle des adultes.

 

En comptant la directrice, Christelle, et moi, nous étions sept : Laetitia qui avait aussi grandi ici, Franck, Marianne et Céline, les trois instituteurs, et Mireille, la cuisinière qui passait son temps à nous nourrir et pour ça, il fallait reconnaître qu’elle se débrouillait très bien étant donné les moyens qu’elle avait. L’orphelinat vivait notamment grâce à Christelle et son mari, patron d’une grosse entreprise. Tous deux vivaient bien leur vie et conscients de la misère du monde, au lieu d’étaler leur richesse en achetant une immense villa, ils avaient décidé de racheter cet immeuble pour subvenir aux besoins de gosses comme nous.

 

La soirée se passa agréablement, chacun vaquant à ses occupations, Laetitia lisant des histoires aux plus petits, moi, me battant avec les plus excités, d’autres discutant entre eux. Mais, la question me triturait toujours les méninges : je ne savais toujours pas si j’allais au mariage de mon frère. En fait, la véritable question était celle là : étais-je assez fort pour affronter mon père ?

 

En allant me coucher après l’extinction générale des feux, je n’avais toujours pas résolu l’affaire alors que le mariage avait lieu demain.

 

Par Danouch - Publié dans : Jamais un sans deux - Communauté : Auteurs Sadiques
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Dimanche 4 octobre 2009
                 
             Sanzo pose un café au lait sous les yeux brumeux de Adam, il regarde incessamment le liquide chaud qui tournoie encore après avoir mis le chocolat, il remarque cette petite couche blanche de mousse qu'il aime temps. Une fumée si appétissante ce dégage du chocolat, il inspire profondément un sourire mélancolique sur le visage. Cela faisait bien des années qu'il n'avait pas bu de chocolat chaud. 
                 La jambe tremblante, impossible d'arrêter de gigoter, la gorge nouée Sanzo avait le coeur qui battait plus vite qu'un compteur de formule un, sa vie se défilait devant ses yeux et son futur devenait sûrement incertain. Ashley lui était assit sur son fauteuil, le bras sur l'accoudoir, le regard inquiet il ne cessait de fixer une seule et unique personne, le seule qui regardait attentivement le grand blond. Une question planait au dessus de leur tête comme une épée Damoclès : Quand est-ce Link allaitpéter une durite ? 
                 Sentant le danger de l'explosion immense de la central nucléair "Link", il se précipita sur le corps qui était par terre en piteux état, Sanzo s'était relevé et à deux il l'avait déposé sur le canapé sous le regard pénétrant de Link. Autant l'un que l'autre avait l'impression d'avoir pactisé avec le Diable et s'apprêtait à subir le courroux de Dieu en personne. Effrayant comme sensation pour ainsi dire stressante. Jamais de sa vie Sanzo se sentait aussi proche d'un condamné dans le couloir de la mort. Quand Link allait il le mettre sur la chaise ? Il n'avait pourtant rien dit. Il gardait cet air contrarié ! Au delà même de la contrariété, il avait un regard si sombre, si dépourvu d'humanité. La sentence n'allait pas tarder à tomber. Tout le monde le savait, même Adam, il sentait la colère de Link juste en face de lui, cette colère qui le faisait presque sourire parce qu'il avait comprit qu'il aura désormais toujours une emprise sur cet homme. Il a toujours un aventage car Sanzo l'a aimé démesurément, ce qui n'est pas le cas pour Link. C'est jouissif comme sensation. L'heure n'était pourtant pas à la jalousie primitive. Peut être que cette légère impression de ne pas être seul, d'avoir encore quelqu'un pour l'aider lui faisait perdre la notion des priorités. Sa femme était morte ! Elle était morte et tout était de sa faute.
               La déprime l'emporta à nouveau. Alors qu'il avait retrouvé un semblant de sourire compétitif, le sourire de sa femme l'avait achevé, son souvenir, l'amour qu'elle lui portait. Tout est finit maintenant et il n'a rien faitpour l'en empêcher. Adam plonge son regard dans son chocolat chaud, il soupire, doucement il se retourne versSanzo à sa droite qui est assit sur l'accoudoir du canapé. Il partage un regard pénétrant avec lui, un regard emplis de douleur et de détresse. La peur de ne pas arriver à tenir, la peur de n'avoir personne pour lui dire " tu vas t'en sortir " . Il cherche désespérément un soutient chez la personne qui comptait le plus à ses yeux et qui aujourd'hui compte encore plus, plus que n'importe qui. Il est le seul à pouvoir le comprendre, il est le seul qui a sut véritablement lire en lui. Son Sanzo...c'était son Sanzo. A son tour Sanzo lui lance une sorte de sourire amicale presque forcé, un sourire qui signifie tout simplement  " j'aimerai t'aider. " .

- Je suis désolé d'être venu à l'improviste, dit faiblement Adam, j'aimerai parler à Sanzo juste quelques minutes.
- Oui on comprends, répond Ashley compatissant

             Link reste muet. Il ne semble même se rendre compte qu'on vient de lui demander de dégager, il ne bouge pas et ne lâche pas des yeux le photographe, Ashley racle sa gorge pour le faire réagir mais il reste sans réaction. Sanzo soupire d'agacement.

- Suis moi, dit il simplement

          Il lance un dernier regard vers son petit ami qui le fixe intensément, un avertissement. Sanzo sans bronché part dans le couloir très vite suivit par Adam à petit pas, heureux de pouvoir parler avec Sanzo sans qu'on lui plante des flèches dans le dos toutes les secondes. Il rentre dans une chambre tout  ce qui a de plus charmant, il semblerait que ça soit celle de Sanzo puisqu'il reconnaît immédiatement son t-shirt sur le lit mit en boule. Il s'en approche doucement, il se souvient de ce t-shirt, l'un de ces préférés parce qu'il se moule parfaitement avec le corps de Sanzo qui est si frêle. Il a un sourire nostalgique qui n'échappe pas à l'asiatique.

- C'est la chambre de Link. J'ai dut l'oublier hier soir, dit il naturellement

            Automatiquement la phrase raisonne dans l'esprit d'Adam. Ces deux là sont donc vraiment ensemble ? Il croyait pourtant que c'était une farce pour  le rendre jaloux - qui a très bien marché lors du mariage d'ailleurs - il se souvient de la tête de Sanzo lorsque ce fameux Link l'avait appelé " mon amour " , il s'était tout de suite rendu compte qu'ils n'étaient pas du tout ensemble. Il s'en fichait de tout façon puisqu'il n'avait d'yeux que pour Sanzo, son corps dans son costume, sa moue si attendrissante. Cette résurrection de sentiment qui c'était terré au plus profond de son coeur. Il se souvient du pincement au coeur quand il l'avait entendu quitté la salle après le fameux " oui " . Adam aime sa femme, il l'aime encore après sa mère, mais il ne l'aimait pas comme il avait aimé Sanzo et c'est là toute la différence. 

- Tu es donc bien avec lui. Murmure Adam
- Depuis deux mois environs.
- Je suis...vraiment heureux pour toi, menti quelque peu Adam
- Merci.

            Le silence s'installe à nouveau, dans une désir spontané Adam se jeta dans les bras de son ancien amant. Il le serra contre lui avec autant de force possible, la tête caché dans le creux de son cou il aimerait que Sanzo lui murmure ce qu'il a espéré entendre depuis des années. Il aimerait juste l'entendre une dernière fois.

- Calmes toi, murmura Sanzo, je suis là.

          Adam se mit à sangloter dans ses bras, totalement effondré par la disparition de Rose, totalement perdu. Il voulait juste être heureux avec quelqu'un, il voulait simplement parcourir un bout de chemin sans qu'il n'y se passe un drame mais faut croire que ça ne lui était pas accordé. Là, lové dans les bras de Sanzo il se sent plus déprimé que jamais, le coeur fendu en deux, les larmes n'avaient jamais autant coulé il se serait bien écroulé sur le sol pour ne plus s'en relever. S'enterrer vivant, mourir étouffer, noyer, brûler. Sa vie entière avait prit une colère de pluie.

- Je sais plus quoi faire Sanzo !! J'ai peur ! J'ai peur de ce qui va se passer maintenant ! J'en ai marre de tout gâcher !! J'en ai marre de faire souffrir tous ceux qui m'entourent je suis maudit ! Je suis maudit !
- Tu n'es pas maudit.
- Je suis à bout là...Ca fait deux jours que je pense à me pendre Sanzo...j'en rêve la nuit...
- Arrêtes ça tout de suite !

         Sanzo regarda Adam dans les yeux, il le tenait fermement par les épaules.

- C'est pas une solution crois moi ! Peu importe ce qui t'arrive tu dois tenir !
- Tu dois me trouver bien pathétique..., sourit maladroitement Adam, je suis tellement nul ... Je me plains pour rien ! Je me plains en plus à toi qui a subit les pires horreurs...C'est tellement pas comparable que je me sens totalement idiot. Je suis vraiment nul.
- Tu ne sera jamais nul ! Jamais...Peu importe les problèmes, peu importe le degré de l'horreur je trouve ça inhumain de comparer les peines les unes au autres ! Il y aura toujours pire ! Il y a toujours mieux ! C'est dégueulasse de regarder de comparer comme ça les gens et leur douleur. Tu as mal Adam...C'est une douleur. Peu importe pourquoi. Tu as mal... Et c'est la seule chose qui compte.

          Son Sanzo...C'était son Sanzo. Adam sent son coeur palpité, il plonge ses yeux bleus totalement inondés dans les si belles prunelles de Sanzo, il l'entoure de ses bras et se laisse tomber contre lui comme pour se reposer.

- Ne penses pas que tu mérites ce qui t'arrive. Ce n'est pas de ta faute, ne pense surtout pas que tu es capable car tu en crèvera tôt ou tard. Tu dois tenir...Pour elle.
- Merci...

       L'étreinte se resserre, Adam sent une main délicate contre se dos le frotter de haut en bas, la chaleur l'envahit peu à peu et c'est comme si il n'avait pas dormi depuis des mois, des années, des siècles. 

- Je suis désolé. Je suis désolé pour ce que je t'ai fait subir jusqu'à présente...Je suis vraiment désolé.
- Tu me connais, rit Sanzo, je ne suis pas rancunier. 
- Grand naïf. Rit à son tour Adam
- Grand rêveur surtout...

        Adam s'écarte un peu de l'étreinte, il regarde à nouveau le visage de Sanzo, celui ci rayonne de bonheur, il rayonne d'espoir et peut être un peu d'amour, pour son plus grand malheur ce n'est pas pour lui que ces yeux pétillent mais pour l'autre dans le salon. 

- Tu l'aimes Sanzo ? Demande Adam
- Pardon ?
- Link ! Tu l'aimes ?

        Alors qu'il allait répondre la porte s'ouvre soudainement, le cri de Ashley depuis le salon raisonne dans la pièce, il appelle le cinglé qui a faillit défoncer la porte de sa propre chambre. Jalousie, possession. Sanzo et Adam dans les bras l'un de l'autre totalement ahurie par l'entrée fracassante de Link.

- J'en étais sûre. 
- LINK ! Hurle Ashley en s'approchant. T'es vraiment qu'un gros con ! 

        Sanzo s'écarte brusquement de Adam qui ne fait que renforcer l'idée que se fait Link. Idée totalement fausse que l'innocence de Sanzo tente de rejeter plus mal que bien.

- Il ne se passe rien Link, arrêtes de tirer cette tête, dit Sanzo 
- Je me sentais mal c'est tout, reprend Adam
- Toi tu la ferme, murmure agressivement Link en regardant l'accusé
- Tu deviens ridicule, soupire Ashley
- JE T'AI RIEN DEMANDE !!!! S'emporte Link

      Son visage défiguré par la colère a fait sursauter Sanzo. Ce n'était pas le Link qu'il aimait, ce n'était pas le Link qui le faisait rire, le faisaire rougir. La peur lui tiraillait l'estomac et Adam s'en rendit imméditament compte, Link allait trop loin pour une simple étreinte.

- Ecoutes Link je vais partir comme ça tout ira bien mais s'il te plaît calmes toi, annonça Adam
- Tu vois il s'en va ! Reprend Ash
- C'est ça ! Alors après avoir tranquillement fricoté avec mon copain tu te barres en croyant que tu vas passer la porte entier ? Sourit narquoisement Link
- On n'a pas fricoté Link ! S'écrit Sanzo 

       Il n'ose même pas répondre, il ne fait qu'agresser Sanzo d'un seul regard. Le coeur en miette il a l'impression de se faire trahir encore une fois ! Il le savait ! Il le redoutait depuis que ce putain de photographe avait franchi la porte, Sanzo ne le regardait plus comme avant. Ce n'était plus lui qu'il regardait c'était cet Adamde malheur, ce con qui est venu foutre sa merde dans leur couple. Il le savait, il savait que ça allait arriver et même si Sanzo ne s'en rendait pas compte ces sentiments avaient déjà changé, ce regard...Ce regard Costia le portait ce jour là. Ce regard de honte, de dégoût, d'effroie. Link a honte aussi, honte de lui, honte de s'être fait encore avoir. L'adrénaline toujours présente il préfère ne pas croiser le regard de celui qui vient de lui voler Sanzo, il ne préfère même pas l'écouter car il sent qu'il va lui arranger le portrait façon Picasso. 

- Tu ne vois pas que tu terrorise Sanzo, lui fait la morale Adam
- Ne m'adresses pas la parole toi. Je te jure ne me parle pas car je suis en train de me faire violence pour éviter de d'emplâtrer dans le mur.
- Ahem ! C'est chez moi hein ! C'est moi qui paye ! 

         Link regarde une dernière fois Sanzo qui finit par baisser les yeux. Il avoue. Il avoue sa faiblesse. Il le sent, il le sent comme un pieu dans le coeur qu'on tourne et qu'on retourne. Link se pince les lèvres il fait immédiatement demi tour. Encore bordel ! Pourquoi encore ! 

- Link attends ! Cri Ash
- Tu ne le mérites pas, dit Adam

        Link s'arrête brusquement. Cet Adam commençait à lui taper sur le système.

- C'est toi qui ose me dire ça ? Reprend ironiquement Link, toi ? L'enfoiré qui l'a trompé et qui ose ensuite venir pleurer dans ses bras pour le récupérer ? Toi le connard qui l'a fait agoniser pendant cinq ans, qui s'est marié ensuite sans tenir compte de la douleur que Sanzo pouvait ressentir ! Ne me dis pas que tu l'as pas vu ! Même un chien aurait comprit qu'il t'aimait toujours. Tu débarques maintenant comme un martyre histoire d'attendrir son coeur et de lui faire encore plus mal n'est-ce pas ? Je les connais les mecs dans ton genre. Vous vous servez des autres pour votre petit confort. Tu le traites comme une roue de secours ! Moi, contrairement à toi. Je ne l'ai jamais fait pleurer. 
- Il y a un début à tout n'est-ce pas ? Répond Adam 
- Tu l'as vite oublié Rose ! 
- Tu veux savoir pourquoi est-ce qu'il te regarde comme ça ? Demande Adam un sourire sadique sur les lèvres, c'est parce que à l'heure qu'il est tu es une réplique parfaite de son père ! 

         Le poing fusa directement. La mâchoire d'Adam avait fait un bruit si désagréable que Ashley en avait mal aux oreilles. Personne n'avait sentit venir la haine de Link en pleine figure de son adversaire. Personne n'aurait put deviner qu'il allait éclater maintenant, Adam se releva lentement, Link encore un peu déconcerté par sa réaction. Il pose un regard inquiet sur Sanzo qui les regarde totalement effaré. Merde ! 

- Ca va pas Link ! Hurle Ash
- Je..je voulais pas..., murmure Link en regardant Adam se redresser

      Alors qu'il allait s'excuser Adam lui fonce dessus l'écrasant contre le mur du couloir avec une telle force que le bruit fait trembler les fenêtre. Sanzo sent son coeur faire un bon, bordel de merde ! QU'EST-CE QUI LEUR ARRIVE ? Ash et lui tente de les arrêter mais il dangereux de s'en approcher maintenant. La colère les aveugles. 
       Link donne un coup de coude dans le dos d'Adam qui s'écarte contre le mur d'en face immédiatement Link en profite pour lui décrocher un coup dans le menton, Adam se tient la lèvre qui saigne. Son sang boue dans ses veines. Ce n'est plus des règlements de comptes, c'est un combat personnel pour savoir qui arrivera à gagner le droit de rester au près de Sanzo. Les deux garçons deviennent totalement incontrôlable, Link attrape les cheveux du blond pour écraser son visage contre le mur. Sonné mais pas vaincu, Adam mort le cou de Link lui arrachant un bout de chair au passage. Le hurlement est strident, un hurlement si profond que les yeux de Link semble devenir encore plus sombre. Le combat devient sanglant. 

- ARRETEZ !!! Hurle Sanzo
- LINK !! Cri Ash à son tour 

        Celui qui tenterai de s'approcher serait suicidaire. Les coups fusent dans tous les sens, les cadres cassés sur la tête, les meubles pour arme, les murs, tout est permis ! Les griffes, les dents. Adam saute littéralement sur Sanzo après avoir cassé une chaise. Ils arrivent dans le salon sous les cris désespéré de Sanzo qui voit se déchirer les deux hommes qui comptent le plus pour lui ! C'est quoi cette primitivité ! Ils vont finir par se tué ! QUELQU'UN VA FINIR PAR CREVER !!! Les larmes se mettent à couler, le visage de Link est totalement défiguré par la haine, celui de Adam possédé par un démon. Ils s'insultent, hurlent comme des bêtes assoiffés de sang. C'est un véritable massacre. 
         Ashley tente quelque chose, il n'a plus le choix, il se précipite sur le dos de Link pour le retenir mais ça n'a fait que donner un avantage à Adam qui ne se gène pas pour attraper le premier objet qui lui passe par la main pour frapper son adversaire. Notamment ici un téléphone. Le bruit est assourdissant est violant. Ashley se retrouve projeter en arrière, Link totalement écroulé sur le sol. 
        Le corps tremblant, les yeux écarquillés de terreur, les larmes déferlant sur ses joues Sanzo n'arrive plus à faire un mouvement, un flash back, son propre massacre avec son père. Link crachant du sang, les yeux mis clos, Adam vacillant comme un mec bourré, la lèvre déchirée, les cheveux en pagailles, le cou violacé. Doucement Link se remet sur pied, vacillant aussi, le cou plein de sang, une petite trainé partant de ses cheveux, il passe une main fébrile sur la plaie. Sanzo sent tous ses membres tremblés encore plus vivement, son coeur battre à une allure douloureuse, un cri dans la poitrine. Le tête de Link pivote en direction de Adam, il le regarde attentivement. Le silence rivient. 
       Ashley se redresse, il s'est juste un peu cogné contre le mur en tombant. Le spectacle qu'il voit est déplorable. Sanzo cède, il tombe littéralement à genoux. Les mains s'approchant de son visage, le sang de Link sur le sol, le sang...du sang....
       Il hurle. Il hurle à la mort comme un dératé et pleure à ne pas pouvoir respirer. Comment en sont ils arrivés là ? Le cri déchire la poitrine de Link et même si sa vue est trouble il distingue encore toute la détresse de son petit ami, il tente de s'en approcher à pas lent, une main tendu faible et hésitante. Il tente presque de le réconforter, de s'excuser.

- POURQUOI !!!! Hurle Sanzo en direction de Link, POURQUOI EST-CE QUE VOUS ME FAITES CA ????

      Pourquoi ? Parce qu'il l'aime. Parce qu'il l'aime au point de se battre pour lui. Link se sent enfoncer, ridicule, pathétique, horrible. Il regarde Adam qui s'écroule le long du mur totalement déconnecté. Qu'est-ce qui lui ai arrivé ? C'est comme si il avait été possédé par une force inconnu ! C'est comme si le fait qu'il le compare à une ordure comme le père de Sanzo l'ai rendu encore plus fou qu'un assassin. Il a honte ! Honte de s'être battu ! Honte d'avoir fait couler le sang d'un autre sans pouvoir s'arrêter ! Honte de se rendre compte qu'il n'est pas plus digne que le père de Sanzo. Il baisse sa main. Il se retourne et quitte l'appartement dans le bruit des sanglots de Sanzo. 
 



Par Danouch - Publié dans : World so Hard - Communauté : Amours Acidulés
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Jeudi 1 octobre 2009


          " C'est dans les environs de neuf heures du soir qu'un terrible accident s'est produit dans ce petit quartier chic du centre de New York provoquant la mort d'une jeune femme. Ici on ne trouve que d'immense building résidentiel, qui font la célébre réputation de la ville qui ne dort jamais, une ville de lumière. Hier soir pourtant ce petit quartier connu un horrible accident, une voiture est sortie de la route à plus de soixante dix kilomètres par heures et s'est littéralement écrasé contre l'entrée d'un de ces building. Des portes en verres à triple vitrages ont volées en éclat, la police est très vite arrivée sur les lieux ainsi que les ambulanciers malheureusement il était déjà trop tard. Le corps de la conductrice était méconnaissable, totalement broyer sous le choc on a retrouvé cette jeune femme à quelques mètres de sa voiture. Un carnage horrible. Les témoins locaux ont vu l'accident qui a duré moins de deux secondes, la conductrice n'avait pas sa ceinture et il semblera qu'il s'agisse de la célèbre Rose Bewalt, mannequin de renommé mondiale récemment mariée avec le grand photographe Adam Bewalt. Nous avons tenté de rentrer en contact avec la famille et surtout son époux mais il refuse de sortir de chez lui, l'enquête se poursuit pour illucidé cette mort attroce. S'agit il d'un pure accident ? Défaut de la voiture ? Ou encore un suicide ? Pire ! D'un meurtre ? Toutes ces hypothèses sont plausible, il ne faut pas oublier que l'empire de la famille de la victime s'élève à plus de douze millard de dollars ! Le plau... "

             Sanzo coupa la télévision. Voilà deux jours que les journaux ne cessaient de parler de cet accident, les journalistes sont déjà venu fourrer leur nez dans l'immeuble à la recherche de témoignage croustillant. Et comme de par hasard son prochain TD se porte justement sur ce genre d'accident qui font sensations. Les gens sont accros à ce genre d'affaire étrange surtout lorsque ça arrive à une personne célèbre, les journalistes font tout leur possible non pas pour dire la vérité mais prient pour qu'il s'agisse d'un meurtre ou d'un suicide, ce qui leurs donneraient de quoi écrire et vendre. Sanzo soupire d'exaspération, le métier de journalisme ressemble de plus en plus à une machination, à des vendeurs d'adrénaline pour faire peur au citoyen, la machine économique rentre en jeu ensuite. On se fait un max d'argent avec des scandales dans ce genre.
        Le plus terrible dans cette histoire c'est qu'il ne cesse de penser à Adam. Il n'ose même pas imaginer l'état dans la quelle il peut être, il n'ose même pas imaginer la douleur et la peine qu'il peut ressentir. Rien que de se dire ça il en a lui même les larmes aux yeux. C'est affreux de se sentir aussi affecté pour un être qu'on veut oublier, c'est honteux. Pourtant il ne peut arrêter de s'inquiéter, une petite voix au fond de lui hurle de faire quelque chose, l'appeler ou aller directement le voir mais une autre voix lui ordonne de ne pas le faire, ça serai encore pire pour Adam ! Ce n'est pas vraiment le moment pour aller le consoler, Link en serait fou de rage de plus et c'est la dernière personne avec qui il veut se disputer. En parlant du loup voilà que grincheux sort de son lit, la nuit a été agité il n'a pas arrêté de rêver de musique, de concert. La foule et d'un seul coup plus personne, tout s'efface...un visage. Comme cette nuit après l'accident.

- Déjà debout ? Il n'est que huit heures ? Vous n'aviez rendez vous qu'à midi avec le futur agent !
- J'avais froid.

           Link s'approche de Sanzo, le corps encore tout engourdie, les bras  lourd, il prend son petit ami dans ses bras et pose sa tête sur son épaule pour somnoler encore un peu. Sanzo eut un sourire plein d'amour et de tendresse, à son tour il pose sa tête sur celle de Link et lui caresse le bras qui l'entoure, qu'il aime être ainsi contre lui. Il adore le voir dormir comme un enfant sur son épaule pour une fois c'est lui qui tient le rôle du protecteur et il adore cette sensation !

- Tu regardais encore CNN ? gromelle Link
- Comme toujours.
- Encore l'accident ?
- Ouais...ça commence à devenir lourd, dés que ça touche une célèbrité il n'y plus que ça à la télé !
- Ca fait deux jours qu'ils en parlent tout le temps. Si tu t'es levé aussi tôt pour regarder c'est que ça t'intéresse.

         Comme toujours Link avait visé juste. Sanzo ne peut pas lui mentir à lui, il n'arrive pas à mentir de toute façon tout s'affiche sur son visage avec des grosses lettres. Il aime regarder les informations certes, mais il aime d'autant plus que ça parle de Adam. Cette mort de sa femme a fait naître en lui un étrange sentiment, pas de l'espoir heureusement ! Il n'attend plus rien d'Adam et ne veut plus rien de lui. Mais ce sentiment bizarre lui brise le coeur, quelque chose qui ressemble à de la compassion, quelque chose de très profondement encré en lui comme si il ne pouvait cesser de s'inquiéter. Comme si il avait toujours des restes de son amour pour lui. Link en est bien conscient, il tente de ne pas montrer sa jalousie et sa peine de voir Sanzo s'éloigner de lui pour un autre. Il n'ose même pas en parler par peur de s'emporter car il sait qu'il n'a pas de raison d'être jaloux. Sanzo est avec lui et aucun n'autre et jamais il ne le quittera pour Adam, il le sait, il en est certain...Malgré tout il doute, il a peur comme tout être humain. Comme toute personne follement amoureuse. Il a peur de le perdre et de ne rien pouvoir y faire. Cependant Link ne lui en tient pas rigueur, il comprend Sanzo mieux que quiconque, il sait que si il était à sa place il réagirait de la même façon. Si c'était Costia qui avait perdu sa femme il croit même qu'il aurait été plus heureux que compatissant, il a honte de se dire ça mais c'est la pure vérité. Possessif et jaloux sont ses pires défauts. Il se souvient comment il a réagit à l'époque où il sentait Costia s'éloigner de lui, il se souvient de l'état du pauvre mec qui avait osé lui adresser la parole alors qu'il était en ébullition. Il ne veut pas que ça se reproduise, il ne veut pas que Sanzo ait peur de lui parce qu'il est totalement incontrôlable lorsqu'il s'agit des personnes qu'il aime.    
        Alors tant bien que mal il garde ses sentiments d'angoisse pour lui, il se tait. Il espère simplement que les sentiments de Sanzo pour Adam reste de simple sentiment de compassion pour un être qui lui était cher. Il espère simplement que ces restes d'amour qu'il a ne fassent pas revivre leur histoire. Maintenant qu'Adam est seul, a porté de main. Quelle merde...

- Tu devrais me comprendre Link. J'ai mal pour lui car il compte pour moi c'est quand même mon premier amour. Tu ne pourras jamais changer ça. Dit Sanzo en relevant le visage de Link

           La peur se lisait dans ces yeux, terrorisé à l'idée de se retrouver à nouveau seul. Sanzo se sent si emprisonner, ses bras qui l'entourent ont scellé leur destin, il le sait. Il aime cette sensation de dépendance à cet homme si beau. Il l'embrasse délicatement, un simple baiser, une petite pression sur des lèvres si chaudes.

- Je ne conçois pas ma vie sans toi. Murmure Sanzo

        Sa poitrine se gonfle, Link se sent appaiser. Il a sut canaliser sa peur même si elle reste là, silencieuse. Prête à éclater au premier pas de travers. Elle reste tout de même bien cachée pour l'instant car c'est une explosion de joie qui l'envahit pour l'instant. Il a trouvé la personne faite pour lui. Le visage de Costia disparaît. 
         Emporter dans leur baiser devenant de plus en plus avenant, Link fait basculer Sanzo couché sur le canapé, lui au dessus de Sanzo. Les joues rougit de son petit ami le rend tellement craquant qu'il se mord la lèvre d'excitation. Lentement il passe sa main sous le pull de Sanzo caressant sa peau lisse sentant les bosses des cicatrices, tellement de cicatrices, il se baisse pour embrasser se torse si magnifique. Il s'attarde sur ces plaies fermées. Il les fixe et passe un doigts timide sur chaque rayures, suivant leur fil continue. La douleur qu'elles représentent.

- J'aime ces cicatrices. Je les aime parce qu'elles font partie de toi, entièrement de toi. Dit Link

        Sanzo eut un petit sourire en regardant Link totalement fasciné par les cicatrices. Il ne les avait jamais vu de ce côté là, c'est vrai que malgré les souvenirs qu'elles inspirent elles sont une partie intégrante de son esprit, de lui, de sa façon d'être. Il n'arrivera cependant jamais à les aimer. Link continue à monter le pull de son petit ami qui rit sous les chatouille de sa langue, il rougit de plus belle en se rendant compte de ce qu'ils sont entrain de faire. Ils s'apprêtent à faire l'amour sur le canapé de Ash. Et si il se réveillait soudainement ? Sûre, ce n'est pas dans ses habitudes mais vu la malchance que trâine Sanzo ça ne l'étonnerait pas ! Gêner il arrête alors Link.

- Stop stop !
- Quoi ? Je t'ai fais mal ? Demande Link effrayé
- Non du tout ! Je...j'ai pas confiance. Ashley dors à côté !
- Haha ! C'est ça qui te fais peur ? Si tu veux on peut aller dans la chambre, reprend Link d'un air coquin
- Je...sais pas trop si ...

        Link entremêle ses doigts dans ceux de Sanzo, le visage à quelques centimètres de celui de son amant, il garde son sourire plein de sous entendus, il dépose un long baiser sur la bouche de Sanzo, fait pression avec sa langue et donne un baiser si fougueux que Sanzo sent un vague de frisson envahir son corps.

- Je vous ai vu. Dit une voix monocorde

      Sanzo devient plus rouge qu'une tomate, Ashley vient de débarquer dans le salon et heureusement qu'ils n'étaient pas aller plus loin. Link lui semble plutôt mécontent.

- Tu peux pas retourner te coucher ? Demdande Link avec un grand sourire
- J'arrive plus à dormir.

      Link se lève aussi tôt et se précipite sur Ashley, il pose sa main sur son front et l'autre sur son propre front.

- Non t'as pas de fièvre, il finit par dire
- Roh ! Joues pas les idiots ! Ash se dirige vers le frigo
- Pourtant ça m'inquiète je te jure Ash ! Tu te lèves jamais aussi tôt pour rien. Le suit Link
- Je suis juste un peu stressé. Ashley remplit son verre de lait

    Link repose sa main sur le front de Ashley mais il l'écarte aussi tôt un air boudeur.

- Tu vas arrêter oui !
- Haha, rit Link
- Qu'est-ce qui va pas Ash ? Demande Sanzo en remetant son pull en place et en les rejoignant dans la cuisine
- Tout vas bien. Je suis un peu nerveu pour ce midi.
- J'ai jamais vu un Ash nerveux ! Sourit Link
- Ta gueule bordel ! T'en a peut être rien à foutre toi mais pour moi c'est important ! C'est mon rêve qui va peut être se réaliser tu comprends ?! 

     Link se sent aussi tôt attaquer par l'agressivité de son ami. Il s'amusait simplement avec ce n'était pas la peine de monter sur ses grands chevaux ! Il était rare de voir Ashley tendu mais lorsqu'il était valait mieux ne pas être dans les parages. Il ne l'avait pourtant jamais vu aussi suceptible, ce qui commençait à l'agacer car il trouvait ça ridicule. Ce n'était pas le peine de lui parler comme ça !

- Qu'est ce que tu veux dire par là ? Que c'est pas mon rêve à moi peut être ? Répond Link
- Pitié, c'était qu'une manière de rejeter ta colère sans faire de mal à personne. Une sorte de thérapie pour toi rien d'autre.

     Sanzo sentait un vent glacial entre les deux garçons. Ca allait tourner encore en dispute et pas une simple dispute il en était sûre.

- La musique c'est la seule chose qui m'a permis de rester en vie ! Alors oui c'est mon rêve ! Oui c'est une thérapie ! Un rêve ne peut pas être une thérapie ? S'emporte Link
- C'est pas une raison pour te foutre de ma gueule quand je suis stressé ! J'ai le droit d'avoir mes coups d'angoisses aussi au cas où tu l'aurais pas remarquer je suis aussi humain que toi !
- Putin mais qu'est-ce qui te prends ? T'es vraiment inbuvable quand t'es de mauvais poil !
- Et c'est toi qui me dis ça..pff
- OH TEMPS MORT ! Hurle Sanzo

     Les deux garçons s'arrêtent de se parler et regarde le petit troisième qui s'était fait invisible pendant quelques minutes.

- Ash je comprends que tu puisses être stressé, c'est normale, Link n'a pas le droit de te le repprocher mais ce n'est pas une raison pour péter ton cable. Tout le monde se détend et prend un mentos !
- Un mentos ?
- On se tait et on obéit !

      La sonnette retentit, Link mange son mentos pendant que Sanzo va ouvrir la porte un peu plus soulagé maintenant que les deux garçons ont cessé de se prendre le bourrichon pour si peu. Ashley est vraiment effrayant quand il est pas bien, il ressemble presque à Link, un Link en pire. En fait il ressemble à une femme enceinte qui fait une grossesse nerveuse. Il rit à la comparaison imaginant Ashley enceinte.

- Oui ?

     Une grosse masse lui tombe dans les bras et le fait basculer sur le sol. Il ne comprend pas ce qui se passe, soixante dix kilos le fait s'écraser sur le sol. Un corps chaud, il sent toujours aussi bon mais la surprise de le voir maintenant lui enlève toute faculté de parler, de protester. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

- J'ai besoin de toi Sanzo..., murmure Adam
- C'est quoi ce...merdier...

    Sanzo relève le visage pour apercevoir celui de Link qui le regarde vraiment vraiment mais vraiment méchemment. Il se contente d'élargir un sourire totalement paniqué. Mais quelle bouse ! 
    Jalousie. Possession. Link serre les poings.






Par Danouch - Publié dans : World so Hard - Communauté : Amours Acidulés
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Mercredi 30 septembre 2009
Voilà je vous met la suite ! Je me suis absolument pas relue donc ça doit être horrible !! Mais passons je me relirai demain =) 
en attendant vous pouvez la lire tout de suite ou attendre la petite vérification des grosses fautes (je peux pas tout faire hein ! lol ) 

Danouch. Connu pour son talent iné pour les fautes. =)
peace mais pas par terre ! 
(humour de merde)


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            Cette nuit là Link s'était endormi un poids lourd sur le coeur, une vérité affreuse lui était apparu lentement à ses yeux, cette vérité si évidente. Il entoura le corps de Sanzo contre lui et s'endormi sans voir son visage une dernière fois. Cette nuit là, Link et Sanzo avait dormi paisiblement tous les deux conscient que leur couple ne sera jamais un couple modèle, leur couple ne sera jamais une passion exemplaire et dramatique. Ca ne sera qu'un couple comme les autres, avec ses secrets, avec sa banalité infligeante. 
              Cette nuit là ils avaient sans doute vécu leur dernière nuit de dispute en quelque sorte car le sujet ne revint plus sur le plateau pendant deux mois, deux mois ils vécurent très heureux en apparence. En ce qui concerne sa mère, au lendemain de sa venue elle leur annonça son départ pour la France au près de son mari actuel, Sanzo l'avait accompagner jusqu'à l'aéroport sans un mot, au moment de partir elle se tourna une dernière fois vers son fils, le coeur encore ronger par la culpabilité.

- Je t'aime Sanzo, j'espère vraiment que tu me pardonnera un jour...

Il n'avait rien répondu, elle était montée dans l'avion consciente de la gravité de l'état émotionnel de son enfant, son passé l'a détruit, complètement détruit. Elle espère simplement qu'un jour il arrivera à nouveau à faire confiance à quelqu'un sans qu'on le trahisse. Elle espère seulement que ce Link arrivera à le faire aimer comme n'importe quel homme peut aimer l'être cher. Elle prie pour un miracle.
            Sanzo retrouva son sourire et son innocence naturel et Link redevint l'attendrissant grincheux lunatique. L'apparition de Sue Urashima avait vite été rayé des discussions, Sanzo n'y faisait plus référence et Ashley et Link s'étaient mis d'accord pour ne pas revenir la dessus sachant très bien la douleur que pouvait ressentir Sanzo. Une douleur qui le rendait plus vide qu'une coquille.
            L'automne faisait tomber ses premières feuilles, Sanzo avait reprit ses cours de journalisme dans une petite fac de New York, Link et Ash avait enfin fondé leur groupe. Ils étaient maintenant quatre, Link était guitariste et chanteur, Ash était le batteur évidemment, Ben était un autre guitariste et Lynh était la bassiste du groupe, une bassiste de talent ! Mais une fille quand même ce qui avait été sujet de dispute entre Link et Ashley. Sanzo avait du faire l'arbitre mais cette façon de se disputer lui faisait plaisir car l'ambiance restait bon enfant, le bruit et les voix empêchaient ses sombres pensées de le faire plonger dans un tourment profond. Il tentait tant bien que mal de ne plus penser à Sue, à son père, à ses années de tortures ! Mais rien n'y faisait, les mois avaient beau s'écoulé depuis l'arrivée de sa mère dans sa vie c'était comme si ces cinq année n'avaient servit à rien. Lui qui croyait être aussi vivant, aussi humain que tous les autres se rendait compte qu'il ne le sera jamais ! Jamais il n'arrivera à vivre comme tout le monde car le Sanzo qui pleurait au milieu de ses flaques n'est pas mort ce jour, Adam avait tué son père mais n'avait pas réussit à tué ce Sanzo faible et terrorisé. Alors que Link et Ashley continuait de se disputer dans le salon, Sanzo au milieu de ses cours s'arrêta brusquement, le crayon dans la bouche, le regard vague. Il avait eut le malheur de repenser à Adam Bewalt...Son Adam Bewalt. Son photographe trop bavard. Voilà deux mois qu'il ne l'avait plus vu, ni dans la presse, ni dans la rue au détour d'une ruelle sentant les churros. Il eut un point sur le coeur, il ne le reverra sans doute jamais et le dernier souvenir qu'il a de son premier amour est un regard de détresse, un regard d'adieu. Il appuie sa main contre son coeur sentant sa gorge se nouée, il avait toujours été trop affecté par ce qui l'entourait mais c'était un bon signe à ses yeux ! C'était le signe qu'il n'était pas vide, qu'il avait des sentiments ! Que son père ne lui avait pas tout voler, que son père n'avait pas tout anéantit. Pourquoi devrait-il avoir autant de peine au fond de lui ? Pourquoi doit il encore se battre alors qu'il n'a jamais mérité un tel labeur...Il n'a jamais mérité de souffrir encore.

- Ca recommence ! A l'époque c'était Yumi et maintenant c'est Lynh !
- Et à l'époque tu me faisais moins chier ! Cria Link
- Parce que je préfèrais dormir pendant que tu te battais avec Costia, se moqua Ash
- Il est hors de question qu'une nana vienne dans notre groupe.
- Mais qu'est-ce que t'as contre les femmes ? Tu fais une allergie ou quoi ?
- JE SUIS PAS BI MOI !
- Je vois absolument pas le rapport Link..., repond blasé Ashley en croisant les bras
- Sanzo ! Hurle Link
- Quoi ? Sursaute le concerné
- Dis lui que t'es un jaloux parano possessif vert épileptique complètement paniqué rien qu'à l'idée que je regarde une fille à la télé ! S'écri Link
- Euh mais..mais, bégaye Sanzo ne sachant pas quoi faire
- ROH TU ME LES BRISES LINK !!!

           Ashley sort de l'appartement en claquant la porte. Sanzo reste bouche baie, ce n'était plus trop bon enfant maintenant. Link se rendit compte à quel point son caprice était allé loin mais il ne pouvait pas se résoudre à céder, par fierté bien évidemment comme tout bon gamin qu'il est. Il se contente alors de s'asseoire violemment sur un fauteuil les sourcils froncés, les  poings serrés, les veines qui lui ressortent des bras et sur le cou. Sanzo frissonne, le voir dans cet état lui fait peur car il est capable de casser un mur mais ça l'excite également, cette veine si tentatrice sur son cou. Il est si virile quand il est en colère. Amusé par sa penser il étire un sourire que Link remarque immédiatement.

- Je suis ridicule c'est ça ?! S'écrie Link envers Sanzo
- Non tu es beau, répond avec le sourire son amant

         Link se sent fondre, comme une casserole chaude qu'on met sous l'eau froide, une fumée pourrait presque se dégager de lui. Il se détend petit à petit et reprend ses esprits, il a vraiment été ridicule mais heureusement que Sanzo est là pour lui rappeler car il sera rester comme ça jusqu'au matin. Ce n'est peut être pas un couple parfait, ce n'est peut être pas l'amour fou entre eux mais ils se soutiennent, se tiennent la main, ils s'aident mutuellement. Peuvent ils dire que c'est de l'amour ? Oui sans doute, ils s'aiment, ils s'aiment d'une façon plus appaisante, plus pacifique que leur première histoire. C'est un amour doux qui ne fait pas mal, c'est un amour qui soigne les plaies et ne les ouvre jamais. Link se lève de son fauteuil un sourire tendre sur les lèvres, il s'approche de son petit ami qui est assit à même le sol devant la table basse, il s'adosse au pied du grand canapé et lui caresse les cheveux tout en partageant un silencieux et délicieux petit instant à deux. Les yeux bleus, les yeux brun, ne forment plus qu'un.
       Une heure après Link se décide à aller chercher son meilleur ami, il soupire de paresse, c'est difficile d'aller s'excuser mais sous les supplications de Sanzo il ne peut résister, il va donc s'excuser. Au fond de lui il sait que Ashley avait raison pour cette jeune fille, d'ailleurs ne peut pas dire que Ash avait un regard très impartiale puisque Link avait bien remarqué le regard qu'il lui lançait. Ash avait craqué pour une fille ce qui est vraiment rare, après tout il n'a jamais réussit à savoir sa véritable orientation sexuelle mais ne sommes nous pas tous un peu bisexuel ? Qui n'a jamais été attiré par le sexe opposé et le même sexe ? Peut être que Link est une exception, il ne pourra jamais toucher une fille pour la simple et bonne raison qu'elles sont aussi excitantes que des pots de fleur (chacun ces tripes après ). Il arrive dans le grand halle de l'immeuble, le réceptionniste regarde ses videos de surveillance des couloirs et de l'ascenseur, il adresse un petit sourire amicale à Link qui ne le lui rend même pas, toujours aussi insociable, il ouvre la porte vitrée de l'entrée et prend une gifle glaciale. La nuit est drôlement froide pour un mois de septembre. Il fronce les sourcils et met ses mains dans ses poches. Où peut bien être cette tête de con ? Il regard autour de lui et ne remarque personne, il avance un peu plus dans la rue et ne voit que deux trois passants mais pas de Ashley à l'horizon. Il hausse les épaules et fait demi-tour alors que soudainement il entend un crissement de pneu, il écarquille les yeux.
          Sanzo replonge dans ses cours et surligne les phrases importantes, il regarde le journal télévisé en même temps, alors que soudainement il sent une secousse. Le lustre du salon à bouger, il l'a entendu, les vitres ont vibrés son corps entier à sentit le tremblement. Un tremblement de terre ? Non pas à New York ! Alors qu'il reprend ses cours tranquillement, les minutes défilent et le bruit des sirènes parvient jusqu'à ses oreilles, il se redresse et ouvre la porte du petit pavillon. Les lumières bleu et rouge fusent dans les airs, le bruit d'un attroupement de personne en bas de son immeuble. Il se penche par dessus la barrière pour voir un peu plus ce qui se passe, il remarque juste qu'il y a du monde et une ambulance. Aussi tôt il se précipite dehors, il panique sentant comme un mauvais pressentiment, Link était descendu il y a peu de temps pourvu qu'il n'est rien ! Pourvu qu'il soit loin en train de s'engueuler avec Ashley. L'ascenseur lui parait interminable, une fois les portes ouvertes le spectable lui coupe le souffle. 
        Les grandes porte vitré son brisé, du verre partout, une voiture en plein milieu du hall, du monde, le réceptionniste qui s'explique avec la police, le capot cabosser, le pare brise brisé. Du sang sur le carrelage du hall, un bain de sang...Ces yeux s'écarquillent, son visage devient plus blanc qu'un linceul, les mains crispées sur les joues, son coeur accélère consdiérablement. Du sang, du sang partout ! Ses pieds sont au milieu d'une marrée rouge. Un corps à quelques mètres de lui, des ambulanciers autour, les bras et les jambes broyés mais le visage intact. Le cri bloquer dans sa gorge prenait toute la pleine mesure de sa puissance, il allait hurler comme un fou quand soudainement des bras protecteurs l'attira à lui. Le visage étouffer dans le t-shirt qu'il connait bien il hurle étouffant ainsi son cri. Link le serre contre lui avec tendresse et force, l'horreur d'un accident est toujours traumatisant mais il s'agit de Sanzo, un être plus fragile qu'un enfant de cinq ans, plus brisé que le pare brise de cette voiture, le sang et le cadavre avait à nouveau réveiller de vieille blessures mais plus les minutes s'écoulaient plus les soubresauts de Sanzo disparaissaient. Ashley arrive à passer derrière les ambulanciers, étonné et horrifié il se précipite sur ses deux amis qui se tiennent un peu plus loin. Il remarque le corps fébrile de Sanzo et le regard douloureux de Link. Heureusement pour tout le monde il ne s'agit pas de l'un d'entre eux mais qui pouvait bien cette jeune femme ? Il l'avait déjà vu quelque part dans un magazine ça il en est sûre. 
        Les trois amis remontent dans leur appartement sous les odres des forces de police après avoir prit la deposition de Link qui a vu l'accident. Il était au première loge puisqu'il avait juste le temps de se jeter un peu ploin pour éviter le pire. Le fracas de la voiture contre les vitres avait fait trembler tout l'immeuble. Il n'avait jamais eut aussi peur de toute sa vie, la dernière pensée, une dernière image, un seul visage qui lui était apparut avant le choc. Il avait comprit ce qui était vraiment important pour lui, il avait vécu comme les derniers moment de sa vie et tout était devenu très clair sur son futur. Il se retourne vers Sanzo qui s'est assit sur le canapé encore secoué. 

- Arrêtes de me fixer comme ça, murmure Sanzo

        Link s'approche lentement de son amant, il le prend dans ses bras et l'obliger à se reposer sur ses épaules, Sanzo se laisse totalement faire, c'est dans ces bras qu'il se sent bien, c'est dans ces bras qu'il prend place réellement et qu'il se sent en vie. Ashley est parti se coucher sans lancer un "bonne nuit", Link et Sanzo avait besoin d'être seul pour ce soir, il parlera de leur groupe une prochaine fois. Le bruit de la rue parvenait aux oreilles de Link, la porte du pavillon était restée ouverte, il se lève quittant Sanzo quelques seconde pour fermer la porte, le silence revint dans le salon, un silence appaisant. Pas de tremblement, pas de sirène. Il reprend place sur le canapé et invite son petit à ami à reprendre sa place initial, ils restent là seul à se réchauffer l'un contre l'autre. 

- Oui. Dit faiblement Sanzo
- Oui quoi ? demande Link intrigué et totalement perdu
- Ces marques. C'est bien mon père qui me les a faites. Toutes les marques y compris celles qu'on ne voit pas...

          Sa voix se mourrait dans sa gorge, les larmes lui piquaient les yeux mais il s'efforçait de les garder pour lui, il n'avait pas finit, maintenant qu'il avait parlé il fallait tout dire. Même les choses les plus inavouable.

- Quand ma mère est partie, commença Sanzo, mon père a perdu la tête. Ce soir là, le soir où elle m'a jeté de sa voiture pour s'enfuir mon père a sombré dans la folie. Il...est rentré dans ma chambre, sa voix s'enrouait, j'avais quatre ans ! Il a...Il m'a...

           Le coeur de Link se tordait de douleur, la phrase n'était pas finit est pourtant il connaissait déjà la suite, inconsciemment il serra un peu plus fort son amant contre lui le protégeant d'une chose qu'il ne pouvait pas voir, une chose qui avait mutilé le coeur de Sanzo.

-  Il m'a prit dans ses bras les larmes aux yeux, il m'a serré si fort qu'il me faisait mal et il n'arrêtait pas de me dire qu'il m'aimait et que je ne devais pas le laisser comme elle. Il n'arrêta pas de dire que...qu'il aimait mes cheveux...il aimait mes yeux...ma ma ma bouche !

        Sanzo craqua, un hoquet de souffrance avait franchi ses lèvres et les larmes s'échappèrent de ses yeux mais il ne s'arrêtait pas, Link sentait qu'il n'avait pas le droit de l'interrompre, il n'avait pas le droit de le réconforter maintenant car il avait trouvé le courage au fond de lui d'ouvrir son coeur, de donner sa confiance.

- Ca a commencé ce soir là. J'avais le visage contre le coussin et mes cris étaient étouffés. C'était si douloureux...Puis il est parti, comme un cauchemar mais le sang...le sang partout sur les draps. J'ai pleuré encore plus fort et il a ouvert la porte soudainement, son visage était déformé par la colère, un visage ...horrible..." Tais toi ! Ou sinon..." . Alors je me suis tut...Je me suis tut pendant dix sept longues années. Presque tous les soirs j'y avait le droit, si je refusais, si je criais il me frappait...Papa n'aimait pas le bruit...Il n'aimait pas le bruit... Quand je rentrais et que la lumière était coupé je savais qu'il n'était pas là mais quand j'appuyais sur l'interrupteur et qu'elle s'allumait c'était comme si mon monde s'écroulait. A chaque fois qu'il avait finit, je partais, je courais aussi vite que je pouvais mais je n'arrivais pas à m'enfuir car je savais qu'il me retrouverai alors je me contentais de courir en pleine nuit sans m'arrêter. Sans m'arrêter de pleurer... J'étais dans une cage, une cage rouge. 

       Il s'était arrêté un petit moment, Sanzo inspira à fond pour continuer.

- C'est à mes quinze ans que je me suis teint les cheveux. A la base ils sont aussi noir que ceux de ma mère, je crois que j'essayais de me faire remarquer, je crois que j'essayais d'envoyer un message à ceux qui me regardaient avec crainte, crainte de finir comme moi. Les professeurs devaient se dire que je traînais avec des voyous et le fait que le Proviseur me convoquait tout le temps appuyait les rumeurs. C'était mon père le Proviseur. Il ne me convoquait pas pour me donner une heure de colle...Un jour...Je crois que ça a été la pire journée de toute ma vie. Un garçon nous a surpris...Mais il n'a jamais rien dit. Le désespoir que j'ai ressentit n'est pas comparable, n'est comparable a aucun désespoir qui puisse exister...Le matin je me levais plus tôt pour soigner mes plaies, je partais sur le port et je m'accoudais aux barrières d'un pont en regardant l'eau de la rivière coulé. Je regardais les passants avec envie, je regardais le ciel avec jalousie, je souhaitais seulement échapper à mon présent...Et je l'ai rencontré. Adam.

           Link sentit un point sur son coeur, le nom d'Adam devait forcément apparaître et malgré une touche de jalousie dans sa poitrine il écoutait attentivement la voix douce et mélancolique de Sanzo.

- C'était un photographe. Un photographe si souriant, si excentrique qu'il a été comme un rayon de soleil dans ma vie sombre. Je l'ai vu juste quelques minutes et ça a suffit. Je voulais le voir tous les jours, tous les matins. Je me levais pour le voir, je me soignais pour le voir. Mais je ne le voyais plus. Pendant des semaines j'avais l'espoir d'entendre le vélo d'Adam et rien. Pas une sonnette. S'en était trop, le poids était trop lourd pour moi, j'ai regardé une dernière fois le ciel et j'ai sauté par dessus le pont. J'ai voulu rejoindre l'eau qui s'écoulait, j'ai voulu rejoindre les nuages qui se laissaient pousser par le vent. Je voulais me laisser pousser par le vent. Bien sûre ça n'a pas marché. A mon réveil j'espèrais avoir rejoint je ne sais quel monde d'esprit et ce fut Adam que je vis en premier. Quel bonheur ! Je n'étais pas mort mais il était là. La suite est compliqué...Mon père est devenu fou quand il a sut pour mes sentiments,grâce à Adam j'avais trouvé un peu de confiance en moi et j'ai dis " non " . Pour la première fois j'ai dis " non ". Il est devenu fou de rage, il m'a battu...Battu jusqu'au comas. Je me suis réveillé dans la cave, attaché à un pilier avec du fil de fer barbelés...Les poignets, Sanzo montra les cicatrices de ses poignets, mes chevilles...Je baignais dans mon propre sang. 

                  Il se perdait totalement dans ses souvenirs, la voix monocorde les yeux dans le vide il déballait sa vie comme si il regardait un long film.

- J'ai appris qu'il n'était pas mon vrai père, que je n'étais qu'un batard et que ma mère s'était enfuit avec mon véritable père...C'était pour moi la phrase qui scellait mon destin. Je n'étais pas fait pour vivre...Je n'étais pas fait pour être ... Je ne servais à rien. Miraculeusement Adam m'a trouvé, il tenait un fusil de chasse, il a tué mon père. J'ai été interné dans un hôpital pendant presque un an...J'ai repris le goût à la vie grâce à Adam, il m'a aimé comme personne ne m'avait jamais aimé. Il a prit soin de moi...Un peu trop...Il s'occupait tellement de moi que j'avais oublié que je devais m'occuper de lui aussi...Il m'a trompé. Je l'ai surpris avec l'un de ses collègues de travail, brisé, je suis rentré au japon seul, pendant cinq ans. La suite tu la connais...

           Le récit était achever, le coeur totalement mis à nu ce qu'allait dire Link allait peut être tout changer, la phrase qu'il allait dire sera sans doute une phrase décisive pour leur couple et leur avenir. Alors qu'il sentait la pression montait en lui, Link déglutit difficilement devait il lui avouer son amour, cette patite flamme qui commençait à peine à se montrer, devait il tout précipité ?

GRrrrroooblllmmmm

- Je crois que j'ai faim, sourit timidement Sanzo en se retournant vers son petit à ami

       Ils partagèrent à nouveau un regard complice. Sanzo avait raison, son histoire se passait de commentaire, son histoire était du passé et quoi que dise Link ça ne fera que l'enfonser dans ce passé. Autant garder ça pour soi et construire quelque chose à deux, une toute petite chose. Un tout petit bout de chemin. La vie est brève, Sanzo et Link le savait depuis ce soir, depuis l'accident, il ne fallait pas la gâcher, il ne fallait surtout pas manquer chaque petites secondes qu'ils pouvaient passer à sourire et rire ensemble. La vie est bien trop courte, la vie n'est qu'une grande histoire pleine de chapitres, plein de fautes d'orthographes.





Par Danouch - Publié dans : World so Hard - Communauté : Amours Acidulés
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Mardi 29 septembre 2009



Salut les petits chou *voix de sid*
Alors euuh je sais plus ce que je voulais dire...AH ouais ! Je voulais vous faire un petit breffing sur ce qui va se passer par la suite dans ce blog
J'arrête tout. NET.
J'en ai marre de vous.

JE RIGOLE
(vive l'humour de merde)
Non j'arrête pas du tout vous êtes folles !
Je vous abandonnerai jamais ! (enfin ...espérons le)
Déjà je voulais souhaiter la bienvenu à tous mes petits lecteurs nouveaux et anonymes ^^ ! Je vous aime vous aussi parce que vous faites grimper mes stat' mais je vous assure que si vous laissez un petit com je vous mangerai pas ! Je le promet même ! Parole d'auteur sadique et complètement barge. =D
Enfin bref. Donc voilà le breffing de la semaine.

Je continue World so Hard et La dernière fois avant la prochaine, je vais terminer brises moi les doigts ! Oui car je n'ai plus d'inspiration pour la suite donc je vais essayer de faire sa vite pour me débarasser de cette histoire. Je sais ça ne me ressemble pas de bacler mon travail mais je n'ai jamais dis que j'allais le bacler le boulot. J'ai une fin en tête et je pense y arriver assez vite, en quelques chapitres, pour celles qui ont une âme de futur écrivain à best seller vous n'avez qu'à m'envoyer vos idées ! LOL Passons. En ce qui concerne World so Hard je peux affirmer qu'elle se terminera en une vingtaine de chapitre comme un peu près toutes les autres histoire entre 20 et 25 chapitres. =D Pour la dernière avant la prochaine j'ai de sacrées idées donc ce n'est pas près d'être terminer, je dirai même que ça sera sans doute mon histoire la plus longue !

Maintenant les nouveautés !
Je vais écrire une histoire en collaboration avec la sublîme Lilly ! Je n'avais plus fait de collaboration depuis Pure Vengeance avec Absynthe lol mais je pense y arriver ! Deux point de vue, deux personnages, des MAJ qui seront affichés sur nos deux blogs. Donc pour mes lecteurs qui ne lisez pas Lilly ( d'ailleurs c'est une honte on se dépèche de cliquer sur le lien !! ) vous n'aurez pas besoin de naviguer dans les deux blogs pour lire les MAJ de chacune.

J'espère avoir été clair. En bref ça me fait beaucoup de chose à faire avec le boulot de la fac en plus :( sniff .
Pas grave je suis insomniaque.

Je vous souhaite à toutes une excelente journée ! Plein de bisous ! Plein de surprise ! Plein de yaoi !

VOUS AIME TOUTES !!!!

Par Danouch - Publié dans : Post it de Danouch =)
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Lundi 28 septembre 2009

                    
             Une belle femme aux longs cheveux ébènes, des yeux d'un bleu profond, les même yeux que ceux de Sanzo, dans une ravissante petite robe sans motif, une robe bleu azur d'une fraîcheur parfaite. Ashley la dévisageait pour trouver une ressemblance autre avec Sanzo, son regard vide était le même également, ce regard qui fend le coeur mais qui est si magnifique qu'on en reste muet. Elle n'était pas loin de la quarantaine, elle les avait peut être déjà, ce visage immémorial, cette douceur intemporel, c'était bien la mère de Sanzo il n'y avait aucun doute. Voilà qu'il se demandait maintenant à quoi pouvait ressembler le père de celui ci, était il aussi beau ?
                  Il ouvre la porte brusquement, Sanzo et Link se détache alors qu'ils s'embrassaient à pleine bouche il y a quelques minutes, le visage de Sanzo vir au rouge vif, Link semble lui assez naturel sans vraiment de gêne. Ash soupire de lassitude, pourquoi veulent ils se cacher ? Il le sait très bien ce qui se trâme entre eux s'en est presque risible d'ailleurs vu la scène, il pourrait même s'en amuser mais ce n'est pas le moment. Car elle attend dans le salon, son petit sac à main sur les genoux, le coeur battant, la gorge sèche, les larmes yeux et la culpabilité qui lui serre le ventre.

- Il y a quelqu'un dans le salon pour toi, sourit Ash
- Quelqu'un ?

              Les deux garçons suivent Ash jusqu'au salon, ils croisent leur regard se demandant qui ça pouvait bien être et le coeur de Sanzo manqua de rompre quand il aperçu cette femme. Sa mère. Cette femme qu'il n'avait pas vu depuis ses quatre ans. Link restait silencieux à son tour et quand cette dite femme se tourna son regard vers le petit attroupement, ses yeux le foudroyèrent, il était resté immobile totalement paralysé. La ressemblance n'était pas si frappante et pourtant il se sentait en présence d'un parent de Sanzo ça il ne pouvait pas le manquer. Qui était elle pour avoir autant d'impact ? Il se tourna lentement sur Sanzo qui était devenu plus livide qu'un lavabo, sa peau virait presque au bleu, sa bouche un peu ouverte, les yeux comme deux grandes billes. Il semblait avoir vu un fantôme. Ou plutôt une revenante. La tension était à son comble, il n'y avait plus personne autour de Sanzo, son passé entier défilait sous ses yeux, tout ce qu'il avait essayé de détruire au fond d'une boîte, tout ça refaisait surface violemment. Il avait l'impression d'avoir quatre ans à nouveau, il était dans la voiture, il jouait avec une bille de toutes les couleurs quand sa mère se retournait vers lui un sourire tendre sur les lèvres. Elle lui déposa un baiser sur la joue en lui murmurant un dernier je t'aime avant de le pousser dehors et de partir en trombe. L'adrénaline gonflait sa poitrine, il avait remonté le temps, son corps et son esprit avait totalement vécu la scène le souffle lui manquait.

 

- Ca ne va pas Sanzo ? Mumura Link inquiet

 

            La mère de Sanzo se leva lentement, son visage témoignait une triste infime elle tendit lentement les bras vers son fils avec l'espoir qu'en une étreinte il lui pardonne tout, qu'en une étreinte il pleure dans ses bras et lui dise je t'aime. Elle espère en une étreinte effacer toutes ses années de culpabilité mais Sanzo ne peut pas s'y soumettre. C'est plus fort que lui, il est totalement effrayé à l'idée de s'approcher d'elle, à l'idée de prendre conscience qu'elle est bel et bien là ! Il réfuse de faire un bon dans le passé ! Il refuse de souffrir comme avant les blessures ne sont pas totalement refermer ce n'est pas le moment...Ce n'est vraiment pas le moment pour s'excuser. Ca ne sera sans doute jamais le moment car ce genre d'abandon ne s'oublie jamais. Pourtant il ne peut la rejeté car de ce moment il en a rêvé pendant des années, il souhaitait de tout son coeur pouvoir un jour revoir la personne qui lui était le plus cher, la personne qui l'a le plus aimé et qu'il a le plus aimé. Il s'approche alors, le coeur lourd plein de rancune mais trop submerger par le bonheur et la surprise de la voir. Ca serait idiot de ne pas en profiter, cela serait encore plus idiot de l'envoyer balader alors que son souhait le plus cher vient de se réaliser. Il l'aime, il aime sa mère comme n'importe quel enfant aimerai sa mère. De tout son coeur et de tout son être et le plus important c'est qu'elle soit là aujourd'hui. Le reste n'est qu'un détail. Les pas de plus en plus hésitant, il baisse la tête de honte, il n'y croit pas encore, il est retombé en enfance, sa mère n'a pas changé d'ailleurs. Son amour l'envahit toujours comme une couverture en pleine hiver, il se souvient de bien être qu'il ressentait dans ses bras. Ce souvenir si émouvant et douloureux le réveilla brusquement, sans plus attendre il se précipita au creux de ses bras même si il était un peu plus grand qu'elle. Il avait à nouveau quatre ans, la chaleur est plus intense que jamais et c'est le baume au coeur qu'il laisse échapper une larme de joie.
           Que faire dans des moment pareils ? Les deux amis se sentent comme deux idiots ne comprenant pas vraiment la scène, une vérité infligeante saute aux yeux de Link, il ne sait rien du passé de son petit ami, il ne sait rien sur lui. Ashley se sent de trop, l'ambiance deviant trop touchante et il n'a rien à faire ici, il semblerait que Sanzo et sa mère ont beaucoup de choses à ce dire.

 

- Bon on va faire un tour ! S'écri Ash en prenant le bras de Link

- Quoi ? Mais...

- On revient dans une heure ! Sourit niaisement Ash

 

          Link est tiré par Ashley jusqu'à l'extérieur, imbécile heureux Link bien sûre ne comprend rien à la proposition soudaine de sortir de son ami, c'est avec une tête d'ahurie qu'il regarde Sanzo en plein tourment personnel avant que la porte ne se ferme sur cette image inquiétante. Que s'est-il passé entre sa mère et lui ?

          Une fois qu'ils sont partis, Sanzo et sa mère se retrouve seul au milieu d'un silence épouventable ! Personne n'ose parler en premier et pourtant Sue Urashima se sent obliger d'expliquer sa soudaine apparition dans la vie de son fils alors qu'elle l'a abandonné.

- Je suis contente de te voir Sanzo. Tu as beaucoup grandit, tu es devenu un garçon magnifique, sourit timidement Sue
- Merci, murmure Sanzo, toi tu n'as pas changé tu restes toujours aussi belle.

           Sue répond par un sourire maternelle des plus tendre. Il se sent mal à l'aise, que dire à une personne qu'on ne semble plus connaître, elle est presque une inconnue maintenant à ses yeux. C'est comme si on revoyait un ami d'enfance après des années d'absence sauf que la on parle de sa mère, sa présence nous impressionne plus. Le sentiment est si complexe, on se sent intimidé, peut être un peu stresser comme devant un examinateur. Pourtant ce n'est que sa mère.

- J'ai eut un peu de mal à te retrouver, je suis revenue une première fois mais on m'a dit que tu étais partie au Japon. J'ai pensé que tu voulais refaire ta vie et surement pas revoir ta mère. Ton indigne de mère. 

           Au fur et à mesure de sa phrase sa voix se terrait dans sa gorge, la conversation prend une tournure plus dramatique, les réglements de comptes ne présagent rien de bon.

- Ne dis pas ça, soupire Sanzo
- Tu as le droit de m'insulter tu sais...Tu as le droit de me frapper, de me hurler dessus, de me jeter dehors, de me cracher dessus ! Tout ! Je suis prête à tout subir pour ce que j'ai fait même si je sais que je n'arriverai jamais à te faire oublier une chose si horrible...Je ne veux pas te dire que je suis désolé et pourtant je le fais, je ne veux pas te dire car je sais combien ça peut te faire mal d'entendre cette phrase ! Je ne mérite pas ton pardon mon fils. Je ne mérite même pas que tu m'adresse la parole. Tu as souffert à cause de moi et je n'arriverai jamais à effacer cette erreur dans ton coeur...

        Le silence retomba à nouveau dans la pièce, Sanzo s'assit épuisé sur le canapé, les yeux lui brûlent, fatigué il pose une main sur son front cachant ses yeux fermés s'empêchant de craquer devant elle. Sue aimerait tellement se jeter à ses genoux pour qu'il lui pardonne, elle aimerait faire taire ses voix si cruelle qui l'insultent, elle aimerait ne plus rêver chaque soir de ce qu'elle a fait. Elle aimerai tant retrouver l'amour de son fils et pouvoir construire quelque chose mais le mutisme de celui ci lui oppresse le coeur. Elle n'aura jamais le droit à la redemption.

- Tu veux savoir ce qui fait mal maman ? Tu veux connaître la vrai douleur dans des mots bien choisi ?

        Sue se sent transpercée, son enfant lui lance une épée en plein coeur. Elle déglutit sans baisser les yeux attendant la sentence.

- Ce qui fait mal c'est de voir qu'il n'y a personne. Ce qui fait mal c'est vivre dans le noir pendant plus de dix ans, c'est de se faire réveiller par un homme qui n'est plus homme, c'est de se faire battre, violer par son propre père. Ce qui fait mal c'est de se réveillé tous les matins plus tôt pour l'éviter, pour soigner ses blessures avant d'aller à l'école, c'est de voir tout le monde s'écarter de toi par peur de subir ton sort. Ce qui fait mal c'est d'appuyer sur l'interrupteur et de se rendre compte que la lumière s'allume donc c'est l'heure du supplice. La véritable souffrance c'est de courir sous la pluie jusqu'à la mort, de s'effondrer dans des flaques qui s'imbibent de ton sang, de se faire à nouveau violer, insulter, punir !! Pour quelque chose qu'on a pas commis. Ce qui fait mal...C'est de petit à petit croire ce que ton père te dit lorsqu'il t'oblige à le sucer ! Croire qu'on est misérable et qu'on mérite ce qu'on subit pour une raison divine ou naturelle. Ce qui fait mal...C'est revivre ces moments chaque seconde de ta vie, se faire torturer dans ses rêves...perdre les personnes qu'on aimait le plus...croire que c'est de sa faute. Vivre dans une culpabilité forcée...Vivre dans le silence des autres...Vivre dans le mensonge en ne sachant plus qui on est. La solitude...La peur...voilà ce qui fait mal. Voilà ce qui fait souffrir maman. Alors ton absence ce n'était qu'un commencement.

          C'est dit. C'est craché, chaque mot était une lame de plus, chaque mot faisait mal autant à l'un qu'à l'autre. Sue choquée, humiliée, coupable, désolée, le coeur brisé. Elle se répugne, elle se hait. Un hoquet de douleur s'échappe, elle couvre sa bouche avec sa main et sanglote à chaudes larmes. Elle ne mérite ni pardon, ni regard, ni une quelconque considération. Par sa faute son fils est devenu une victime de son mari, mari qu'elle a voulu fuir mais assumer un enfant seule elle en était terrorisée. Elle est partie comme une lâche, elle est pire que cette ordure, elle est la pire de tous. La pire. Doucement elle sent des bras l'entourer, Sanzo s'est approché, il ne pouvait rester stoïque insensible à des larmes, il s'est approché inconsciement et le plus délicatement du monde, avec autant d'amour qu'il peut offrir il l'a prise contre lui. Il veut la soulager, il veut se soulager. Link a raison, ça ne sert à rien de ressasser le passé car c'est pire, il faut vivre avec et sourire au futur. Il espère de tout son coeur que sa mère en fasse partie. 
           Dehors Link regarde la fenêtre qui donne sur le salon, bien sûre elle est à plus de dix étages, il ne peut rien voir mais c'est comme si il tentait de donner du courage à Sanzo, comme si il s'adressait à lui pour l'aider pour lui dire qu'il est là, juste à côté et qu'il ne partira pas. Ash s'est assit un peu plus loin, les passants regardent Link étrangement, le garçon immobile le visage vers le ciel depuis dix minutes.

- De quoi est-ce qu'il parle à ton avis ? Demande Link
- De sa présence ici, répond simplement Ash en sortant une sucette de sa poche
- Sanzo n'avait pas l'air très heureux, soupire Link en baissant la tête et sortant une cigarette
- Il n'a pas l'air d'avoir un passé très heureux, répond Ash en regardant la rue

            Link s'approche de Ash, il s'assoit près de lui la cope au bec, comme d'habitude, à son tour il fixe la rue avec inquiétude, ses pensées sont toutes dirigées vers son amant.

- Tu crois que ça se passe bien ? Demande Ash cette fois ci
- J'espère. Quelque chose de lourd pèse sur ces deux là, quelque chose de très lourd...
- Tu as remarqué ? Demande Ash
- Quoi donc ? Link recrache la fumée
- Les traces sur le corps de Sanzo.

              Link reste à nouveau muet. Bien sûre qu'il a remarqué toutes les cicatrices sur le corps de Sanzo, le souvenir de leur nuit dans les bras l'un de l'autre lui revienne petit à petit à l'esprit, il se souvient d'un corps mutilé mais si beau. Il se souvient de la presque nudité de Sanzo quand il dort, des énormes cicatrices sur les poignets et les chevilles, des marques qui deviennent parfois rouges. 
              Une fois la troisième cigarette terminée, les deux décident de monter pour voir si tout se passe bien, alors qu'ils arrivent dans le couloir pas un bruit, bonne nouvelle ils ne sont pas entrain de s'entretuer avec la vaisselle de Ash. Doucement ils ouvrent la porte, Ashley passe le premier et constate un salon vide, il se fait pousser par Link presser de voir l'état de Sanzo alors qu'ils entendent soudainement du bruit dans la cuisine suivit d'un petit "merde" expressif.
Link reconnait immédiatement la voix de Sanzo, il se précipite dans la cuisine, celui ci ne semble pas avoir pleuré, ni être totalement anéanti, il est presque comme d'habitude avec un peu moins de naïveté ce qui montre tout de même un certain boulversement. Il s'approche doucement pour lui toucher au moins la main. Ils croisent leur regard.

- Tout va bien, lui sourit Sanzo en déposant un baiser chaste sur ses lèvres

        Link se sent soulagé. Il s'assoit sur le plan de travail et regard Sanzo préparer un thé.

- C'est pour ta mère ?
- Oui. Elle se repose dans ma chambre, elle est assez fatiguée du voyage. 
- Tout s'est bien passé alors ? Demande Ashley en rentrant
- Disons qu'on a parlé et que ça peut aller. Je ne peux pas dire que tout c'est bien passé mais il n'y a pas de blessé. Sourit Sanzo

        Certes, Link aimerait en savoir plus, il aimerait connaître tous les détails comme si il avait vu la scène, il aimerait pouvoir réellement lire en Sanzo car on ne dirait pas comme ça mais sa naïveté, sa sensibilité est une sorte de carapace - ce qui est assez absurde et impensable pourtant - c'est une image de Sanzo qui nous force à ce limiter à ça. On n'arrive pas à connaître ce qu'il ressent réellement, ce qui lui fait mal, ce qu'il a vécu. Ce n'est pas un garçon si ouvert que ça. Link se rend vraiment compte du véritable aspect de son petit ami, un homme très secret avec un passé si douloureux qu'il n'en parle pas. Il n'ose pas tellement en parler, se mêler des affaires des autres il n'aime pas tellement mais ce n'est pas n'importe qui, c'est Sanzo, celui qu'il a choisi...Son amant. Quoi qu'il ressente il veut les ressentir aussi mais acceptera-t-il de partager ces sentiments avec lui ? Acceptera-t-il de lui parler de ses cicatrices ? 

- Sanzo ? 
- Hum ?
- Non rien...

         Sanzo apporte son thé à sa mère avant de la laisser se reposer, avec l'accord de Ashley elle dormira dans sa chambre pour ce soir, lui ira se blottir dans le lit de Link. Cependant même la nuit venue Link n'arrive pas à s'arrêter de penser à Sanzo, à son passé, à ce qu'il tente de cacher désespérement. Il ne veut pas réveiller de vieilles blessures ! Arrivera-t-il à sortir avec un garçon dont il ne connait rien ? C'est casimment impossible, pour en pas dire voué à l'échec. Il doit donc faire un trait sur Sanzo ? Sa tête rousse posé sur son torse il lui caresse le dos sans faire un bruit, le silence est appaisant et à la fois lourd car il sent très bien qu'il ne dort pas, aucun d'eux ne dort, l'esprit tellement occupé par des questions que ça les empêchent de dormir. On ne peut trouver le sommeil l'esprit brumeux. Link se jette à l'eau, il prend une grande inspiration prêt à subir un refus catégorique ou encore un mutisme, Sanzo feindra sans doute l'assoupissement ce qui est pathiétique puisqu'il sent ses cils battre contre son torse. Ca chatouille d'ailleurs. 

- Sanzo ?
- Hum.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec ta mère ?
- Elle m'a abandonné quand j'avais quatre ans.

         Ca c'est du direct, Link est stupéfait par sa franchise, sa voix n'était pas enroué tout ce qu'il y a de plus naturel.

- Elle est comment ta mère à toi ? Demande Sanzo à son tour
- Je suis orphelin. On m'a trouvé le jour de noël dans la neige, celle que je considère comme ma mère est une vrai folle c'est elle qui m'a trouvé. Sourit Link en repensant à Satsuki
- Alors toi aussi t'as été abandonné.
- Un peu.

          Le silence revient à nouveau. Link pense à Satsuki, tous les moments où il se sentait en dehors du monde, en dehors de la vie, il n'était qu'un spectateur passif, Costia lui avait ouvert les yeux. Sanzo repense à la disparition de sa mère, les tortures de son père, sa rencontre avec Adam, un rayon de soleil dans un ciel noir.

- Comment est ton père ? Demande Link
- Il est mort.
- Tu as vécu dans une famille adoptive ?
- Non avec mon père, il est mort quand j'avais dix sept ans.
- Je suis désolé.
- Pas moi.

          La tension remonte, les questions se bousculent dans l'esprit de Link, l'indifférence de Sanzo à ses questions est si froide que ça lui glace le sang. Au fond de lui Sanzo est-il détruit au point de ne plus rien ressentir ? Etait il si mal au point d'avoir au fond de lui un gouffre qui aspire tout espoir ?

- Tu ne l'aimais pas.
- Je le haïssais.

            Link sent son coeur battre plus vite, osera-t-il lui demander ? Arrivera-t-il à voir les larmes dans les yeux de Sanzo sans se ronger de culpabilité ?

- C'est lui qui t'as fait toutes ces marques ?

         La bombe est lachée. Link a sorti ça avec neutralité, la meilleure façon de faire mal c'est de le faire vite après tout, il doit connaître la vérité pour envisager ne serai ce qu'un bout de chemin à deux.

- Bonne nuit Link.





 

Par Danouch - Publié dans : World so Hard - Communauté : Amours Acidulés
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Jeudi 24 septembre 2009
                 
               L’alcool est un poison qui vous ronge de l’intérieur et qui ne s’en va jamais, le genre de poison qui engloutis votre corps dans une spirale d’addiction, on boit, on oublie, on boit, on oublie. On oublie des petites choses d’abord, on oublie des casseroles sur le feu, le linge à repasser, le sol à laver, on oublie de se maquiller, de se coiffer, on oublie le nombre de verres qu’on avale par jour. On oublie jusqu’à sa dignité, ses responsabilités, on oublie pourquoi on boit. Avec l’alcool tout est flou, tout est irréel, on ne ressent plus rien, on ne s’occupe plus de rien, on vie dans un monde de solitude et pourtant on continue de boire car on arrive pas à s’arrêter, on ne veut pas s’arrêter. On ne veut pas revenir à la réalité et comprendre qu’ on pitoyable et pathétique on préfère laisser les gens nous détester, on préfère affronter tous les jours les regards de son fils plein de haine. Cependant l’alcool est encore plus cruel car l’effet ne dure pas toujours et quand le marteau frappe à grand coup pour nous réveiller de lumière lucide, le sentiment qu’on a à notre regard est si horrible qu’on replonge dans un verre de vin. Puis on oublie à nouveau. Rien ne peut combattre l’alcool, ni la volonté, ni l’amitié, ni l’amour, il a toujours raison de vous jusqu’à ce que la mort vous emporte. Cependant il arrive, même en état d’ivresse, qu’une part de nous veut se libérer, il arrive qu’on se rende compte que tout ceci n’est qu’une illusion du bonheur et on pleure parce que personne ne comprend notre détresse, personne ne comprends qu’on ne veut pas être seul, personne ne comprend que l’alcool est la seule chose qui nous reste. Les rares instants où on demande de l’aide, où on tend la main pour qu’on vous rattrape les gens vous ignore car vous n’existez plus, les autres vous ont oubliés comme vous les avez oublié. Lorsqu’on tombe dans l’alcool on ne peut plus faire marche arrière, les souvenirs deviennent des rêves noyés dans une bouteille en verre.

- Où vas-tu ce soir ? Elle demande la vue trouble
- Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu veux que je te ramène un bidon ? Répond avec sarcasme le fils

                Elle s’en va. Blessée par sa chair et son sang, elle s’en va pour noyer sa peine dans un autre verre. Depuis quand sa mère se tue à petit feu ? Kendrian ne s’en souvient plus, il a pourtant désespérément tenter de comprendre mainte et mainte fois pourquoi est-ce qu’elle boit, en vain. Après tout ça ne changera rien au fait qu’il la hait, il la hait puisqu’elle l’a abandonné pour une bouteille, il la hait comme une victime peut haïr son assassin. Tout ce qu’il souhaite c’est la retrouvé morte à pourrir sur son canapé pour ne plus à la voir complètement saoul, égoïstement saoul. Il claque porte, cet appartement lui donne des hauts le cœur, il grimace jusqu’en bas de l’immeuble l’estomac retourné. Si seulement tout c’était passé autrement, si seulement son père ne se serai pas enfuit comme un lâche en le laissant avec elle…Il aurait peut être eut le droit à une vrai famille. 
                  Les mains dans les poches il se promène dans la ville comme il fait souvent quand rester chez soi devient étouffant, il marche un petit moment seul dans la nuit imaginant la vie parfaite dont il rêve. Sa vie future peut être, il s’imagine loin de ce quartier, dans une grande ville et pas dans une province comme ici. Il s’imagine dans un magnifique appartement tout simple, rentrant après un travail épuisant en sentant la bonne odeur de la bougie à la vanille, souriant un homme lui sauterai dessus avec amour pour l’accueillir. Un homme qui porterait le visage de Milan… 
                   Il se souvient de la première qu’il a rencontré Milan. Lui qui ne croyait pas au coup de foudre c’était fait totalement avoir, il n’était qu’en seconde, la rentrée au lycée, ces professeurs de collège pensaient tous qu’il ne passerait jamais la troisième et pourtant il y est arrivé. La seconde, une classe d’inconnue, de nouveaux visage. De toute façon Kendrian n’avait aucun ami, d’un naturel insociable et cynique les autres l’évitaient. Pourtant pour la première fois une jeune fille d’une beauté époustouflante lui tendit sa main, une chevelure de déesse, les formes parfaite, un visage tendre tout droit sortie de la mythologie. Kendrian venait de s’attirer les foudres de tous les garçons de la classe en acceptant cette poigne amicale. Eileen, disait elle, Eileen Berg. A chaque cours elle était à ses côtés, à chaque pause, elle restait avec lui. Ils devenaient petit à petit les siamois de lycée. Inséparables. Une petite chandelle au milieu de la vie de Kendrian. Jusqu’au jour où elle l’invita chez elle, une grande maison familial tout ce qu’il y a de plus chaleureux. Kendrian se sentait mal à l’aise, il était silencieusement jaloux de Eileen qui avait des parents aimant et une vie pleine d’amour. Après ce jour il alla chez elle presque tous les soir.
                   Il se souviendra toute sa vie de cette journée d’hiver, le contrôle commun de maths pointait son nez. Kendrian révisait chez Eileen dans la cuisine pendant que ses parents jouaient aux échecs, il ne cessait de fixer Eileen qui révisait avec assiduité. Lui il s’en fichait totalement de ce contrôle. Mais elle était si mignonne quand elle révisait, les cheveux lui cachait la moitié de son visage, des petites rides se formaient sur son front sous la concentration. Inconsciemment il sourit en le regardant. Elle se redressa soudainement, il détourna les yeux de gêne, on avait sonné à la porte, la neige tombait à gros flocons dehors et le froid gelait les gens sur place. Les parents d’Eileen se sont levés, la porte s’est ouverte et le froid était rentré dans la maison. Kendrian frissonnait, des éclats de voix résonnaient depuis l’entrée, Eileen s’était levé soudainement surexcitée. Totalement dans l’ignorance il se leva à son tour pour rejoindre la petite famille. Ils serraient dans leur bras un homme dans sa veste noir saupoudrée de neige, une écharpe beige aux rayures rouge, une chevelure brune enneigé également. Kendrian ne faisait plus aucun mouvement, il redressa son visage souriant, ses petits yeux noirs, sa peau légèrement halée, un sourire magnifique. Il dégageait un tel bonheur, une telle joie, une telle chaleur que Kendrian sentait une suite de vague dans son corps. Son cerveau n’était plus irrigué correctement tout son être avait été plonger dans un coma, la foudre était tombée. 
                   Milan, le frère de Eileen étudiant en histoire, il n’était quand première année à cette époque et voilà qu’aujourd’hui il est major de sa promotion, il vient de passé sa licence. Un passionné des vikings, depuis le mois de Juin Milan est souvent chez lui avec ses parents, ses partiels sont terminés depuis longtemps.
                    Il n’y a pas si longtemps que ça, peut être deux semaine, alors que sa mère avait encore bu, Kendrian est parti au beau milieu de la nuit pour venir se réfugié dans les bras de sa meilleure amie. En proie à des crises de nerfs épouvantable il n’y avait que l’étreinte d’Eileen qui pouvait le calmer. Les poings serrés sur son téléphone il tenta de l’appeler mais elle ne répondait pas, une fois devant chez elle il remarqua son volet fermé. Etrangement il savait qu’elle n’était pas là ou alors il ne fallait pas la déranger, d’habitude elle laisse le volet ouvert pour que Kendrian puisse la rejoindre quand il en a besoin. Ce soir il en avait besoin mais elle n’était pas là. Furieux et désespéré les larmes lui vinrent soudainement, il s’efforça de les retenir mais impossible, il craquait, rageusement il les essuyait mais en vain elles n’avaient de cesse de couler. Encore plus énervé contre lui il frappa la grille en métal du portillon, le bruit avait réveillé Milan. Il se maudissait de l’avoir réveillé, il se maudissait de ne pas s’être enfuit au lieu de ça il était planté là comme un coupable prit sur le fait, dos à Milan il n’osait pas lui faire face.

- Kendrian ? Demandait le jeune endormi

                  Kendrian était fier, trop fier pour s’enfuir comme un lâche. Il se retourna vers son interlocuteur, le visage ruisselant, les sourcils froncer honteux de se montrer dans un tel état devant celui qui fait battre son cœur. Il ne sait pas pourquoi, peut être que Milan avait été touché, peut être qu’il avait simplement pitié en tout cas il a demandé à Kendrian de rentrer. Il lui servit un thé à la vanille, Kendrian adorait le thé à la vanille, il le bu en silence, Milan s’était adossa au plan de travail les bras croisés tout fixant le pauvre égaré. Milan avait décidé de s’asseoir près de lui, la tête posé sur sa main il ne lâcha pas des yeux Kendrian qui se sentait de plus en plus mal à l’aise. L’ambiance c’était adoucie et le bruit de la pendule faisait battre plus vite le cœur de Kendrian, alors qu’il allait s’excuser Milan s’est brusquement approché pour lui volé un baiser bref mais si agréable. Le souffle coupé, il restait la bouche ouverte incrédule. En y repensant il en rit presque et en rougit surement, ce baiser était le premier d’une longue suite. Sans un mot, sans une demande, pas une excuse, pas d’explication, ils s’étaient donnés l’un à l’autre pour une nuit, ce qui semblait être la seule nuit car le lendemain alors qu’il s’était endormit dans les bras de celui qu’il aime et que la journée semblait être couverte de bonheur Milan lui tendit ses habits avec le sourire en lui murmurant un simple merci. Kendrian avait sentit son cœur se déchiré mais il n’en montra rien. Il s’était exécuté avant de partir pendant que tous les autres dormaient. La plus belle nuit de sa vie.
                     Il espérait désespérément que Milan l’embrasse à nouveau le touche à nouveau. Deux semaine c’étaient écoulées et rien, jusqu’à hier. Alors que Milan dormait encore après leurs ébats Kendrian s’était enfuit dans la chambre de Eileen pour n’éveiller aucun soupçon et au matin Milan avait encore fait comme si ne rien était. Comme si il avait tout oublié. Kendrian est rentré chez lui la boule au ventre, cette situation lui déplait mais il n’arrive pas à dire non, finalement il ressemble un peu à sa mère, Milan est son alcool et quoi qu’il lui fasse, quoi qu’il lui dise, il en est totalement accro. La nuit est un peu moins fraîche, l’été s’installe correctement finalement, il ne sait plus ce qu’il doit faire. Il arriva enfin vers la maison de sa meilleure amie, le volet était ouvert, il monta par la gouttière et frappa sur la vitre, Eileen vint lui ouvrit la fenêtre.

- Salut toi !
- Hello, répond Kendrian en enjambant le cadre
- Ca te dit de manger de la glace avec moi, sourit malicieusement Eileen
- Sors le pot, dit il le sourire gourmand

                   Eileen partit en courant chercher son énorme pot de glace au cassis, le parfum préféré de Kendrian. Il déposa un baiser sur son front. Décidemment elle ne changera jamais. Elle mit un DVD et partit éteindre la lumière. Deux grosses cuillères ils mangèrent la glace l’un à côté de l’autre sur le lit d’Eileen en regardant Jim Carey toujours aussi hilarant.

                     Comme toujours il s’est endormie chez elle, dans ses bras, ses cheveux lui chatouillait le nez et il s’est réveillé avec l’impression qu’on l’observait, cette étrange impression que quelqu’un est rentré dans votre esprit et qu’il lit en vous comme dans un livre ouvert. La tête de Eileen contre son flan, sa tête caché dans le creux de ses bras il dut faire un effort surhumain pour se dégager sans la réveiller. Assit sur le lit, encore habiller, les cheveux en bataille, une haleine à faire tomber les mouches il baille tout en s’étirant, les yeux mis clos il fait jour mais il fait mauvais. Il le sent comme un couvercle au dessus de lui qui l’étouffe. Soudainement il entend une manifestation, il se retourne pour découvrir Milan adosser à la porte de la chambre cacher encore dans l’obscurité il fixe Kendrian d’un regard noir. Le visage sans expression seulement Kendrian ressent une gêne, un malaise et presque une honte à ce simple regard. Milan semble le juger, l’accusé. Kendrian détourna son regard, comment ose-t-il le juger ? Il n’a rien fait, pourquoi se sent il fautif ! Ce mec ne manque pas de culot, il ose le juger lui alors que c’est lui le gamin qui joue avec ses sentiments ! Bordel qu’il peut détester ce comportement enfantin, totalement égoïste. Merde il n’est pas un jouet ! Ce n’est pas une chose qu’on peut prendre et jeter pourquoi est-ce qu’il se laisse faire ?! Petit à petit les nerfs lui montent à la tête, Kendrian serre les poings et prie presque pour qu’il parte, il ne veut pas qu’il le voit dans cet état ça lui ferai trop plaisir. Il doit se calmer mais il sait qu’il n’y arrivera pas, il n’y arrive jamais, plus il pense et plus ça empire ! Sa présence, ce visage indifférent cette manière insolente de rester stoïque ! Il n’en peut plus, cette chose, cette histoire bizarre tourne au drame ! Nan ! Il en a marre des drames ! Il a sa dose il doit déjà supporter l’absence d’un père, une mère alcoolique, son homosexualité et son putain d’amour non partagé pour un enfoiré affectif ! Il a pas besoin d’être encore plus écrasé.
                    Eileen s’agite dans son sommeil, il la regarde terrorisé à l’idée qu’elle se réveille, Milan ne semble pas décider à sortir de la chambre et Kendrian refuse qu’elle le voit dans cet état encore une fois. Il commence à trembler, il se mord la langue pour s’empêcher de hurler, sans attendre il se lève brusquement et sort sans regard vers celui qui continue de le suivre des yeux. Le sang boue dans ces veines il serai capable de tuer, il serai capable de se tuer, cette espèce de maladie qui le rend fou de rage, cette sensation de ne pas se contrôler. C’est horrible l’impuissance c’est horrible de ne pas être maître de soi même. Il s’enferme dans la salle de bain pour ne plus le voir. Il ferme les yeux aussi fort que possible se plante les ongles dans la chair. Il doit penser à autre chose, il doit arrêter de voir ce visage si parfait mais si assassin. Il n’aurai pas put tomber amoureux de quelqu’un de plus simple ! Moins con. Moins indécis. Amour à sens unique…mon Dieu que c’est d’un ordinaire.

- Kendrian ouvres cette porte. 

                   Il rêve ! Milan l’a suivit jusqu’ici ! Sa voix si masculine et basse. Il frissonne. Il sent à nouveau les nerfs lui monter, il ne peut pas ouvrir ! Si jamais il le fait il risque de le regretter pourtant … Milan referme la porte derrière lui. Il se poste devant Kendrian toujours aussi menaçant que dans la chambre. Son esprit s’embrume, son cœur s’emballe, plus rien ne fonctionne correctement et Kendrian ce sent prit dans un tourbillon de choses qu’il ne peut contrôler. Un véritable bordel cérébral.

- Qu’est-ce que tu cherche à faire Milan ? Je te comprends pas ! Je sais pas ce que tu veux, je ne sais même pas ce que je veux moi et tu m’embrouille encore plus maintenant ! Un coup je suis ton jouet et puis après tu déboules de la chambre de ta sœur comme si tu m’accusais d’être là ! Je comprends rien je suis perdu ! Qu’est-ce que tu attends de moi ?

                   Le grand brun reste silencieux. Kendrian reprend ce souffle en s’arrachant presque les cheveux en voyant que Milan semble ne pas prêter attention à sa crise de nerf.

- Je sais plus quoi faire. Je sais plus comment me comporter maintenant devant Eileen, devant toi…Je peux plus Milan…Je peux plus être ton jouet.

                   Totalement désespéré Kendrian s’assoit sur le rebord de la baignoire. Il n’a pas le droit d’espérer quoi que ce soit, il ne le méritait pas et c’était sûrement déjà extraordinaire que Milan s’intéresse à lui seulement c’est malsain. Ce jeu est plus qu’étrange, il ne sait plus sur quel pied danser autant avec Eileen qu’avec Milan. Qu’est-ce qu’il veut à la fin ? C’est quoi son but ? Perdu dans ses pensées il ne prêtait plus attention à ce qu’il y avait autour de lui, lentement Milan s’accroupit face à Kendrian, il posa ses mains sur ses bras et releva le visage celui-ci pour croiser son regard. Celui de Milan avait totalement changé, il n’était plus si menaçant mais plutôt attirant, presque hypnotisant. Des billes sombres brillantes de chaleur. Sans s’en rendre compte leur corps s’approchaient irrémédiablement l’un de l’autre, leur lèvres fatalement n’étaient plus qu’à quelques centimètres. Kendrian pouvait sentir son souffle, pouvait sentir la douceur de sa peau, la chaleur de sa chair, l’excitation qui l’emportait sur la raison.

- Tu n’es pas raisonnable, murmura Kendrian

                  Milan eut un léger sourire avant de prendre totalement possession de sa bouche, un baiser endiablé posséder, si fiévreux que la pièce transpirait pour eux. Une explosion magmatique, la tentation était trop forte, le désir était dominant. Encore une fois, oui encore une dernière fois…
                 Milan retira son t-shirt immédiatement, il se mit à genoux devant Kendrian pour pouvoir être à son niveau, avec le plus de tendresse possible il retira le pull fin de celui-ci, il fit bien attention de lui caresser la peau au passage. Ses cheveux blancs lui tombèrent à nouveau devant les yeux, Milan dégagea le visage de Kendrian avec douceur il passa ses mains à l’intérieur de sa chevelure et ne la quittait pas des yeux. Un regard presque admiratif, Kendrian se laissait totalement faire ne voulant en aucun cas arrêter cet instant magique. Car cet instant était le seul geste de véritable affection dont faisait preuve Milan, c’était le seul moment où le masque tombait où il laissait entre voir tous ses sentiments sans pour autant le dire. Milan revint sur les yeux de Kendrian, il dessinait les contours de son regard, il passa sur sa joue pour redescendre sur la mâchoire. Du pouce il frotta la lèvre inférieur, Kendrian ferma les yeux de bien être, il n’était que le pantin. Le beau brun descendit ses deux mains sensuellement le long du torse de Kendrian qui frissonnait, il s’attaqua au jean encombrant toujours aussi délicatement, il le fit glisser le long de ses jambes et remonta ses cuisses avec sa langue. Kendrian pencha la tête en arrière, il arqua son dos de plaisir.
                A son tour Milan retira son bas, ils étaient les deux à moitiés nu l’un contre l’autre. Ils s’embrassèrent à nouveau dans un mélange voluptueux de sensualité et passion. Il semblait si fusionnel, si parfait, si indissociable et pourtant ce n’était qu’une apparence. Une illusion cruelle pour Kendrian qui ne faisait que tomber un peu plus à chaque baiser, à chaque caresse. L’étaux se refermait dans son cœur, il n’y avait de place que pour un seul nom, bientôt il ne pourra plus l’effacer.
               Très vite ils se retrouvaient totalement nu l’un contre l’autre, Milan devenait plus impatient et moins tendre mais il ne cessait de regarder son partenaire par bienveillance, avait il peur qu’il ai mal ? Avait il peur de voir une larme ? Avait il peur de forcer Kendrian à faire quelque chose qu’il n’aime pas ? Ce qui est sûre c’est qu’il n’était pas un monstre. Bien au contraire, aux yeux de Kendrian c’était un dieu, un dieu qu’il ne pouvait pas atteindre comme il aimerait atteindre car Kendrian en veut plus. Il ne veut beaucoup plus. Les doigts de Milan lui firent un bien fou, il n’y avait aucune douleur, aucune appréhension. Il savait qu’il serai doux.

- Tu es si beau Kendrian, chuchota Milan 

             Une légère douleur, certes, c’est normale mais le bien qui suivit fut si intense, si parfait, si inconnu du genre humain qu’il ne pouvait être qu’un divin Kendrian se retient, il s’efforce de ne pas crier à chaque coup de rein, il s’efforce de retenir ses cris de plaisirs, les mains cramponnées sur le rebord de la baignoire, les mains de Milan sur ses hanches. Leurs râles, leurs souffles, leurs silences. Un amour étouffé, un désir insatiable.
Par Danouch - Publié dans : La dernière fois avant la prochaine - Communauté : Auteurs Sadiques
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L
a meilleure façon de remercier un auteur
 


est de lui laisser un commentaire  ^^




 
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